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Olivier Niaudot : douze petites douleurs exquises

deCatherine Laugier
26 avril 2017
dans Catherine Laugier, L'Équipe, Lancer de disque
1

NIAUDOT Olivier sortie CD demde tatouage 2017On devrait interdire aux artistes d’ainsi déclencher autant d’émotion : marier une voix aussi douce et expressive, une musique où s’harmonisent le piano et les autres instruments, des textes ciselés et des sentiments raffinés ! Olivier Niaudot étant professeur de musique, on ne s’étonnera pas de la richesse d’icelle. Mais bon, il y a prof de musique et prof de musique : ses élèves ont bien de la chance. Si lui-même est au piano, il a su s’entourer de magnifiques musiciens à la guitare, la basse, le violon (mention spéciale pour Anaïs Laffon), l’accordéon et les percussions. Sans oublier un instrument traditionnel que l’on commence à retrouver aussi bien en chanson que dans des groupes rock : la vielle à roue. Fort mélodique, le son semble fait de petits morceaux d’une musique de chambre qui serait tout à fait contemporaine : il s’y mêle des instruments et des styles que l’on ne s’attend pas toujours à trouver ensemble. C’est le cas de Serions-nous seuls où pleure en liberté la guitare électrique très rock, sur les percussions et les chœurs planants.

Qu’il suggère une atmosphère un peu inquiétante à la Tim Burton, ou nous conte un scénario plus léger, tout l’album tourne autour de l’absence, de la séparation, du regret, du fantasme amoureux. Sur l’écran noir de ses nuits blanches, depuis le premier titre qui donne son nom à l’album, insinué avec une tendre délicatesse : « J’aimerais dessiner / Mon prénom Olivier / Tactilographié ». Dans ce rival surgissant au milieu du scénario de rencontre amoureuse au Café du Théâtre, à éliminer en pensée magique, « Dis-moi que c’est ton frère ». Les paroles de cette chanson sont de Christian Aquinaga, son complice de toujours. Tout comme celles de Par ici, autre histoire de rendez-vous, mélangeant hardiment des solos de guitare électrique aux violons : « Combien de larmes sèches ont fait de toi ce Toi ? »

L’ambiance vénéneuse de ces douces ballades entre piano et violons vient tant de la musique, de la voix sulfureuse, que des mots, qui se jouent des sons et des sens : les fantasmes effrayants des Impossibles chantés en duo avec Apolline Chavance. Les sarabandes de fées plus sorcières qu’anges, sur fond de vielle à roue, d’On est défait l’un pour l’autre naissant de ces jeux de mots, « l’effet impur », ou « les faits qui se méfiaient ».

La petite souffrance entêtante qui Va, auto-berceuse tragique où sourd la peur : « Je suis aspiré du dedans / La peau collée contre mes os / Sentiment vidé de mon sang / Certaines folies dans une fosse ».

Ce Tourment « Lorsque le vide lasse ». Ou encore cette danse qui tourne au son de l’accordéon en autoanalyse de ses névroses, douleurs et violences envolées, qui lui manquent pour se sentir vivant, avec ce refrain dansant, presque joyeux.

Mais quand, Voile, Carnaval, il s’habille d’étoiles, Olivier Niaudot bâtit des trésors de tendresse : « J’veux bien être le sachet du thé / Adoucissant un peu les plaies / discrètement t’infuser ».

Une vision très personnelle et cohérente de la douleur d’aimer. On y revient.

 

 

Olivier Niaudot, La demande en tatouage, CD autoproduit 2017. Le blog d’Olivier Niaudot, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. En concert le 25 mai au café Charbon de Nevers en compagnie de l’artiste Hélène Salvy, après le vernissage. L’exposition se poursuit jusqu’au 8 juin.

https://www.youtube.com/watch?v=PDEy1SpjdlU 

Tags : NouvellesOlivier Niaudot
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Commentaires 1

  1. Odile says:
    il y a 9 ans

    Le violon, le piano, la voix, c’est un tout qui nous donne tant d’émotion…
    Merci Catherine pour cette belle découverte.

    Reply

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