NosEnchanteurs
  • QUI CHANTE CE SOIR ?
  • REVUE HEXAGONE
  • Se connecter
  • Déconnexion
bannières
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
Nos Enchanteurs
Aucun résultat
Afficher tous les résultats

Avignon Off 2016. Le porteur de vie, il fallait être fou pour rêver ça

deCatherine Laugier
23 juillet 2016
dans Catherine Laugier, En scène, Festivals, L'Équipe
1
Lisa Escudero (photos Catherine Laugier)
Lisa Escudero (photos Catherine Laugier)

Théâtre musical, La compagnie des arts animés, Théâtre de la Porte Saint-Michel, 19 juillet 2016,

 
Tout est parti d’un projet avec leur grand-père il y a quelques années. La santé fragile de Leny Escudero a fait  que cette évocation de la vie et de la carrière de l’artiste n’a pu se réaliser avec lui et s’est transformée en hommage posthume.
La comédienne Lisa Escudero et le chanteur et musicien Kevin Escudero, ses petits enfants, présentent pour la première fois ce spectacle, chanson, théâtre, poésie même, conçu par eux et interprété avec un troisième jeune comédien Matthias Lefèvre dans la belle salle de pierres et de poutres de ce Théâtre d’Avignon proche des remparts.
Voilà l’histoire d’un petit garçon dont la vie est apparue en Espagne sous de mauvais auspices, naissant en 1932 à une époque où accoucher était un acte risqué.
Fils d’un gitan et d’une marrane, qui ne savaient ni lire ni écrire, mais étaient cultivés à leur façon, dans une république qui allait vite être emportée par la guerre civile et la dictature,  il lui a fallu courir deux fois plus vite pendant la guerre. Du terrible camp d’Argelès au siècle des Réfugiés, des larmes de son père dans Vivre pour des idées, « J’ai honte tu sais mon petit / Je me demandais, cette guerre / Pour quelle raison j’irais la faire ? / Mais maintenant je puis le dire /Pour que tu saches lire et écrire », jusqu’à la pauvreté, le travail acharné comme terrassier, puis carreleur, le petit garçon devenu jeune homme, n’aura de cesse  de réaliser son rêve, s’exprimer en écrivant des chansons ( il a beaucoup hésité avant de les chanter lui-même), être vrai, ne pas faire de concession qui tue son humanité. « Je n’échangerais aucun de mes souvenirs contre ceux d’un enfant riche », écrivait Leny. Saisissant les rencontres, l’école de la  République, le libraire qui lui permet de lire et lui apprend à jouer aux échecs, dénonçant l’injustice, chaleureux mais en colère quand il le faut « J’ai honte du monde que l’on vous laisse » s’exprimait-il, sachant que la planète, elle, s’en sortirait toujours. Ou encore « Je me suis toujours méfié des meneurs d’homme. »

bbbbb
Lisa et Kevin Escudero et Matthias Lefevre, tour à tour Leny

Avec habileté, la pièce intègre des scènes drôles, contemporaines, dénonçant le ridicule de nos sociétés superficielles et médiocres (L’animatrice de télévision obnubilée par l’audimat) en  cassant l’aspect qui pourrait paraître mélodramatique de ce cette vie hors norme. Ou la rencontre de ce jeune couple de comédiens, où la jeune femme prête à tout pour réussir, harcèle le chanteur  identifié comme une star des années 60, et espère de lui des contacts avec des célébrités dans une démarche naïve tout autant qu’intéressée. Ses buts ? Un peu les nôtres: être connue, heureuse, qu’on la trouve belle, qu’on pense qu’elle peut changer les choses, qu’on l’aime ! Une seule réponse : « Jouez ! » Aller jusqu’au bout de son rêve.
Belle gageure, Kevin, Lisa et Matthias SONT tour à tour Leny, et chacun des personnages de sa vie. Le passage de l’un à l’autre se fait en toute fluidité et sans nuire à la compréhension de l’histoire, donnant beaucoup de rythme au spectacle. Quelques accessoires, chaises, rideaux, pour le décor. Des vidéos projetées sur un écran en fond de scène. Une casquette, un bandeau sur les yeux ou une chemise noire portée comme un fichu de vieille femme suffisent à caractériser les personnages.
Des chansons évoquant la vie et la carrière de Leny sont  chantées par Kevin, habité  par ses textes : Pour une amourette, premier grand succès du début des années 60, A Malypense regret d’un premier amour, Sacco et l’autre « Tristes et noirs de peau / Trop grands et trop petits / L’un s’appelait Sacco / Et l’autre Vanzetti », Ante natale « J’voulais tellement venir / Sur cette putain de planète / J’entends encore le cri / Ça hurle dans ma tête »…
Belle voix expressive puissante et claire, s’éraillant dans les hauteurs, il est accompagné par Mathias au clavier, ou par sa propre guitare virtuose.
D’autres sont  dites et parfois complètement  mises en scène par les deux comédiens (Le siècle des réfugiés, Vivre pour des idées, Fils d’assassin, Le cancre, La moitié de mon âme « Tu n’as jamais été aussi belle / Qu’au temps où tu étais nous trois / Toi moi et elle à la fois »)
Ces textes se prêtent particulièrement au jeu théâtral et sans la mélodie, apparaissent dans toute leur intensité. Ils soulignent la maîtrise de la langue française de celui qu’enfant, on traitait de cancre «  Le professeur m’a dit que j’étais intelligent, mais pas comme il le faudrait / C’est pas d’la bonne intelligence. » En final un enregistrement d’une chanson composée en espagnol par Leny Escudero, Mientras pasa el rio.
Que l’on soit fervent admirateur de l’homme et du chanteur Leny Escudero, ou simple spectateur découvrant sa vie et son talent, qu’on l’ait connu, ou admiré de loin, on ne peut rester indifférent à cette leçon que nous donne ce Porteur de vie par l’intermédiaire de ces comédiens inspirés, chair de sa chair. La salle comble, soumise à ce juste  mélange d’ humour et d’émotion, a été attentive, réactive, bouleversée. Il fallait être fou pour rêver ça.  Mais il l’a fait, et nous le pouvons aussi. Comme nous le disait aussi René Char, c’est à nous d’imposer notre chance.
 
Jusqu’au 30 juillet, Théâtre de la Porte Saint-Michel, 103 F7,  15 h.

Le site de la Compagnie des arts animés, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de Leny Escudero, c’est là. Il n’y a pas de vidéo de ce spectacle. Sur celle-ci, Leny Escudero était accompagné en 2007 à la guitare par Kevin Escudero et son frère Marvin sur la chanson Vivre pour des idées (1982)

Tags : Avignon off 2016Kevin EscuderoLeny EscuderoNouvelles
Catherine Laugier

Catherine Laugier

Article suivant
Avignon Off 2016. Carole Jacques, sans peur et sans reproche

Avignon Off 2016. Carole Jacques, sans peur et sans reproche

Commentaires 1

  1. françoise CHAPRON says:
    il y a 8 ans

    Merci de faire revivre Leny !
    Notre Baladin était un homme d’exception
    Vous pouvez être fiers de votre grand père

    Reply

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oscar fou « Les bêtises »
La Chanson du Jour

Oscar fou « Les bêtises »

J'ai des bêtises plein la têteQui font toc toc pour sortirIl y en a tellement que ça m'embête. Je sais...

Suite...Details
Catherine Laugier

Gilles Servat « Je ne hurlerai pas avec les loups »

A quoi bon les vers et les rimes  Ces bijoux dérisoires  Ces mots qu'on cisèle et qu'on grime  Au jeu ...

Alissa Wenz Photos ©Anne Marie Panigada
En scène

Barjac 2022. Alissa Wenz, déjà intemporelle

Alissa Wenz Photos ©Anne Marie Panigada 4 août 2022, Festival Barjac m'en chante, chapiteau   L’espace d’un chapiteau, retour à ...

Saines humeurs

Presse et chanson : la mort pour seul partage

Deux ennemis. L’un est la presse, l’autre la chanson. La presse n’aime pas vraiment la chanson (jadis c’est la chanson ...

Dans ce superbe album de parole Loïc Lantoine et Marc Nammour n'hésitent pas à rendre en clins d'œil hommage à toutes les chansons, de la Fantaisie avec Le Tata Yoyo d'Annie Cordy à la chanson « à texte » d'Anne Sylvestre, avec ce sample de J'aime les gens qui doutent dont ils reprennent le titre pour une nouvelle création. Le rap de Nammour et la chanson pas chantée de Lantoine sont pure poésie qui rebondit de l'un à l'autre, fusionne, s'envole  sur des musiques envoûtantes, battantes, suspendues ( Super Nova...), des joutes pleines de références poétiques et humaines où les mots dessinent des constellations. « Gloire aux perdants! » scandent-ils, tels « Les premiers seront les derniers » des écritures. Un vrai bonheur. « Des hommes tremblants, des cœurs battants, et puis la belle affaire ! »
Catherine Laugier

Marc Nammour, Loïc Lantoine « Les fauves »

Je sais d’où je viens jamais où je vais Je veille au chevet d’un secret qui me plaît Parlons bien ...

Catherine Laugier

Bachar Mar-Khalifé, Christophe « Jnoun »

Ami, pauméTout loin d'iciParti, en soufflant"Viens avec moi"Ô... Serrer ce nœud au cou, vieux fouÔ... La haut, toujours trop tôt, ...

Catherine Laugier

Anton Tarente « Bataclan »

Moi j'voudrais des musiquesQui entretiennent l'illusion de l'amourQui sonnent en terrasse au ciel des beaux joursQui branchent le temps aux ...

Québec-Acadie

Bruno et Gaëtan, les neveux

Bruno Brel et Gaëtan Leclerc : les neveux de leurs oncles (photo La Presse.Ca) Deux dates en France en ce ...

Lancer de disque

Joan-Pau Verdier, le r(Oc)k fait chanson

Joan-Pau Verdier, de retour (photo DR) Etrange cette voix qui me revient après si longtemps… une voix belle, ferme, puissante, ...

Dans l'anthologie des chansons carrément puantes, celle du « Rital » Claude Barzotti, La France est aux français, vaut son pesant d'or. On la trouve sans mal sur les moteurs de recherche, y compris chez les néo-nazis et les bleus Marine (cf partisansmarine.com, site qui affirme même à tord que Barzotti aurait fait de la prison pour cette chanson, alors que les rappeurs sont laissés en liberté [on connaît la chanson!]...). Jamais commercialisée, a priori jamais interprétée en scène, cette chanson immonde ferait partie d'une comédie musicale, Les Nouveaux Nomades, écrite par Barzotti en 1999, à ce jour jamais montée. Mais pré-enregistrée comme vingt-sept autres chansons de cette comédie musicale où il y aurait neuf personnages : des bons, des gentils et des crapules. C'était le rôle d'une des crapules d'interpréter cette chanson. Reste que l'enregistrement s'est fait la malle et se balade sur la toile, un peu comme les enregistrements malencontreusement perdus de Patrick Buisson. Cette chanson vit sa vie autonome, désormais pièce de choix de l'anthologie des chansons d'extrème-droite. Et de la droite extrème. Pour s'en faire une idée, un simple extrait :

Vous êtes toujours là
A rôder comme des rats
Toujours à trafiquer
A rien faire, à traîner
Vous polluez la France
Et c'est qui, qui finance ?
Chômedu et RMI
Ça sort d'la poche à qui ?

De la poche à Ducon
Et Ducon il en a marre
D'entretenir les p'tits cons
De payer leurs pétards

Barrez-vous, cassez-vous
Retournez donc chez vous
Vous foutez la pagaille
Il n'y a plus de travail
Barrez-vous, cassez-vous
On a déjà donné
Du balai, du balai
La France est aux Français
Aux Français !
Interviews

François Béranger, l’interview

Archive. Longue absence déjà que celle du père François, mort en octobre 2003. Vieille nostalgie, tristesse… Béranger détestait les interviews. ...

Catherine Laugier

Eric Frasiak « L’ennemi invisible »

C’est comme si rien n’avait changéY’a un soleil presque d’étéLe chat qui ronronne au matinCette impression que tout va bienDans ...

NosEnchanteurs

Nous contacter

    • Mentions légales
    • En scène
    • Interviews
    • Lancer de disque
    • Les événements
    • Pour les mômes
    • Saines humeurs
    • Thématique
    • Nos Conférences

    © 2026 NosEnchanteurs

    Content de te revoir !

    Connectez-vous à votre compte ci-dessous

    Mot de passe oublié ?
    S'inscrire

    Créez un nouveau compte !

    Remplissez les formulaires ci-dessous pour vous inscrire

    Tous les champs sont obligatoires.
    Se connecter

    Récupérez votre mot de passe

    Veuillez saisir votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail pour réinitialiser votre mot de passe.

    Se connecter

    Ajouter une nouvelle playlist

    Aucun résultat
    Afficher tous les résultats
    • Accueil
    • En scène
    • Articles
    • Bibliographie
    • Récompenses
    • Portfolio
    • Archives

    © 2026 NosEnchanteurs