Antoine Barailler fut quelques années durant le chanteur et parolier du mythique groupe stéphanois Les Raoul-Volfoni, nom prélevé aux illustres Tonton flingueurs d’anthologie, avant de s’élancer dans une carrière au national, sous le nom de Bartone, signant deux albums (l’un plutôt chansons, Cador, en 2005 ; l’autre plutôt rock, Les enracinés, en 2007) chez Jive-Epic/Sony puis, faute de disque d’or, de se voir rendre sa liberté. C’est chez les bretons d’AvelOuest qu’on le retrouve à présent avec un troisième opus plus léger dans le ton, joyeux, sorte de chanson qui se bénabarre un peu dans une très agréable variété. La pochette et la photo intérieure du digipack donnent le ton, entre le sage homme inséré dans la société et son double, sauvage qui sommeille en lui. Un peu comme le Jérôme Moucherot de la bédé (de François Boucq ; Les pionniers de l’aventure humaine et autres albums). C’est l’idée prédominante dans ce disque que l’homme et son double, le soumis et l’aventurier, l’adulte et l’enfant qu’il n’est plus, lesuper-héros qu’il n’est désespérément pas, la teigne qu’il n’a jamais été, le quadra dégénéré que son miroir reflète, le sérieux et le rêveur : « Trop souvent le nez en l’air / Et du vent dans le cerveau / Trop souvent co-locataire / De son vieil ami Pierrot / En mission sur Apollo. » L’homme et son double, ça s’applique aussi à la femme, il va de soi. Ou plutôt au désir de femmes… C’est plaisant d’entendre de telles mises en scènes, de telles représentations, très cinématographiques dans l’écriture, ce qui est depuis toujours la marque de fabrique de Bartone. Deux titres sont ici partagés l’un avec Candide, l’autre avec Suzanne Combo. Un album plaisant, qu’il n’est pas surprenant de poser souvent sur sa platine… Play !
Bartone, Du sable… dans les poches, 2011, Avel-Ouest. Cet album, sorti en magasins uniquement en Bretagne, sera réédité nationalement à l’automne avec nouveau visuel, nouveau clip et titres inédits. Le site de Bartone, c’est ici.







![Dans l'anthologie des chansons carrément puantes, celle du « Rital » Claude Barzotti, La France est aux français, vaut son pesant d'or. On la trouve sans mal sur les moteurs de recherche, y compris chez les néo-nazis et les bleus Marine (cf partisansmarine.com, site qui affirme même à tord que Barzotti aurait fait de la prison pour cette chanson, alors que les rappeurs sont laissés en liberté [on connaît la chanson!]...). Jamais commercialisée, a priori jamais interprétée en scène, cette chanson immonde ferait partie d'une comédie musicale, Les Nouveaux Nomades, écrite par Barzotti en 1999, à ce jour jamais montée. Mais pré-enregistrée comme vingt-sept autres chansons de cette comédie musicale où il y aurait neuf personnages : des bons, des gentils et des crapules. C'était le rôle d'une des crapules d'interpréter cette chanson. Reste que l'enregistrement s'est fait la malle et se balade sur la toile, un peu comme les enregistrements malencontreusement perdus de Patrick Buisson. Cette chanson vit sa vie autonome, désormais pièce de choix de l'anthologie des chansons d'extrème-droite. Et de la droite extrème. Pour s'en faire une idée, un simple extrait :
Vous êtes toujours là
A rôder comme des rats
Toujours à trafiquer
A rien faire, à traîner
Vous polluez la France
Et c'est qui, qui finance ?
Chômedu et RMI
Ça sort d'la poche à qui ?
De la poche à Ducon
Et Ducon il en a marre
D'entretenir les p'tits cons
De payer leurs pétards
Barrez-vous, cassez-vous
Retournez donc chez vous
Vous foutez la pagaille
Il n'y a plus de travail
Barrez-vous, cassez-vous
On a déjà donné
Du balai, du balai
La France est aux Français
Aux Français !](https://nosenchanteurs.fr/wp-content/uploads/2014/04/hqdefault-350x262.jpg)






Bonjour,
Moi, j’ai tenté d’écouter les autres chansons proposées sur sa page et je n’ai pu arriver au bout d’aucune des deux.
Peut-être parce que (l’inévitable?) « benabarrisation » de la chanson française n’est pas ma tasse de thé…
Certes c’est sécurisant d’entendre deux petits accords qui tournent en rond en se mâchant la queue, mais ça ne me touche pas. En revanche il est vrai que les textes sont parfois intéressants…