J’ai une pâle estime de moi
quand à genoux un peuple ploie
sous des tapis de bombes ma foi
qu’on fabrique chez moi
J’ai une pâle estime de toi
quand les petits enfants se noient
poussés sur des coquilles de bois
par tes raisons d’état
Des tas d’soudards qui marchent au pas
Dans des états qui n’marchent plus
Où donc pourraient-ils bien aller
Assis sur des peuples opprimés
Zoufris Maracas
Paroles Vincent Sanchez, Musique Michael Demeyere, Petteri Parvianien, Guillaume Raineri.
En mars 2025, Zoufris Maracas sort cette nouvelle chanson où la révolte très directe se fait sans crier, sur un accompagnement discret de guitares. Prochains concert au Festival Couleurs urbaines le 28 juin à La Seyne-sur-Mer, autres dates ici.
Après Bleu de Lune dont nous parlait Pol de Groeve en 2020, le mythique groupe d’origine sétoise, mais surtout d’ici et d’ailleurs (premier album 2012 après moultes voyages et concerts de rue ou de métro) joue toujours sa musique bigarrée et festive, sans oublier ses engagements sociaux. Ils ont sorti un nouvel album en 2024, La course folle après un séjour en Colombie. Écoutez-les en Concerts volants sur Arte.
Le premier titre, Si c’était pire, donne le ton, musique dansante, espoir en la vie malgré l’effondrement du monde : « Si c’était pire avant que c’est bien pire après /Alors en attendant… / Laissez-moi donc rêver qu’il existe un moyen pour arrêter le temps / La regarder sourire, la regarder danser et puis de temps en temps / La prendre dans mes bras, lui parler d’avenir, lui faire des enfants ». C’est beau, réconfortant comme une Douce illusion, et on a envie d’y croire.
On entend sur ces deux titres la voix douce de Luiza parfaitement en accord, qui vient elle-même de sortir son premier EP, Fantastik, en février 2025, avec le joli titre Demain, demain, « Demain c’est là le paradis / Demain en demain s’éternise / Demain fuit, qui le poursuit ». Une musique festive qui n’empêche pas la lucidité. Luiza est en tournée de concerts sur les festivals tout l’été.










![Dans l'anthologie des chansons carrément puantes, celle du « Rital » Claude Barzotti, La France est aux français, vaut son pesant d'or. On la trouve sans mal sur les moteurs de recherche, y compris chez les néo-nazis et les bleus Marine (cf partisansmarine.com, site qui affirme même à tord que Barzotti aurait fait de la prison pour cette chanson, alors que les rappeurs sont laissés en liberté [on connaît la chanson!]...). Jamais commercialisée, a priori jamais interprétée en scène, cette chanson immonde ferait partie d'une comédie musicale, Les Nouveaux Nomades, écrite par Barzotti en 1999, à ce jour jamais montée. Mais pré-enregistrée comme vingt-sept autres chansons de cette comédie musicale où il y aurait neuf personnages : des bons, des gentils et des crapules. C'était le rôle d'une des crapules d'interpréter cette chanson. Reste que l'enregistrement s'est fait la malle et se balade sur la toile, un peu comme les enregistrements malencontreusement perdus de Patrick Buisson. Cette chanson vit sa vie autonome, désormais pièce de choix de l'anthologie des chansons d'extrème-droite. Et de la droite extrème. Pour s'en faire une idée, un simple extrait :
Vous êtes toujours là
A rôder comme des rats
Toujours à trafiquer
A rien faire, à traîner
Vous polluez la France
Et c'est qui, qui finance ?
Chômedu et RMI
Ça sort d'la poche à qui ?
De la poche à Ducon
Et Ducon il en a marre
D'entretenir les p'tits cons
De payer leurs pétards
Barrez-vous, cassez-vous
Retournez donc chez vous
Vous foutez la pagaille
Il n'y a plus de travail
Barrez-vous, cassez-vous
On a déjà donné
Du balai, du balai
La France est aux Français
Aux Français !](https://nosenchanteurs.fr/wp-content/uploads/2014/04/hqdefault-350x262.jpg)


