
Dix-neuvième édition du festival 1 chanson peut en cacher une autre. En temps normal, presque de la routine, même si cet exploit de maintenir à flot, d’année en année, une manifestation centrée uniquement sur la chanson d’expression française, se doit d’être applaudi avec une admiration sans bornes. Mais en cette année 2020, il relève carrément de l’incroyable, de l’extraordinaire, du supranaturel !!!
Jean Lemaire et son équipe de passionnés vont tenir leur pari, jurons-le. Avec les aménagements inévitables. Exit une partie des concerts d’après-midi destinés aux écoles (et quel dommage pour les plus grands, car c’était Garance qui devait venir leur tenir compagnie). Oublié le bar, haut-lieu de la convivialité, où l’amitié et le sourire venaient se glisser dans les discussions interminables d’après-concert. Et bien entendu, bonjour le masque et les règles de distanciation, avant, pendant et après la soirée.
Evidemment, le festival aura un petit arrière-goût tristounet, sans ces échanges entre spectateurs qui en font aussi le sel. Mais l’essentiel est sauvegardé, et c’est bien évidemment cela l’important. En ces temps de disette culturelle forcée, pouvoir regoûter aux joies de prestations vivantes, même en version light, n’a assurément pas de prix !

On ne criera pourtant pas encore victoire trop vite : si les soirées du premier week-end semblent assurées, on n’ose déjà en dire autant pour le second round, un nouveau protocole des spectacles étant annoncé pour ce 23 octobre. Celui-ci remettra-t-il en question la tenue des concerts du week-end qui suit ?
Soyons toutefois optimistes et découvrons le menu.
Comme chaque année, la fête se déroulera durant 2 vendredis et 2 samedis. Avec, à chaque fois, un double plateau.
Vendredi 23 octobre : en lever de rideau, le chanteur belge Antoine Hénaut, dont nous vous avons vanté les mérites du nouvel album Par défaut. Il sera suivi par la pétillante Sophie Le Cam et ses chansons loufoques (c’est le programme qui le dit).
Samedi 24 octobre : Boule et son humour décalé ouvrent le bal, avant de céder le crachoir au duo du plat pays Toine Thys & Sacha Toorop, pour un récital à coup sûr hors normes, mêlant chanson et jazz.

Vendredi 30 octobre : Ivan Tirtiaux, un autre chouchou de NosEnchanteurs, viendra nous faire goûter à la fraicheur de son Oasis. Lui succèdera Ben-Herbert Larue, virevoltant jongleur de mots.
Samedi 31 octobre : succombez aux charmes d’Ilia et de sa voix ensorcelante, et finissez votre soirée dans le rire et l’émotion, avec les inimitables Entre deux caisses, venus offrir à Stavelot l’exclusivité pour la Belgique de leur tournée d’adieux.
Couvre-feu de minuit oblige, les soirées débuteront à 19 heures, au lieu des 20 heures prévues.
Faut-il le préciser ? NosEnchanteurs sera sur place et vous fera revivre ces 4 soirées (croisons les doigts) de retrouvailles avec le spectacle vivant. Sûr, le virus ne s’en relèvera pas.
Le site du festival, c’est ici.
Ilia « Il y a » :
Antoine Hénaut « En gros c’est ça » :







![Dans l'anthologie des chansons carrément puantes, celle du « Rital » Claude Barzotti, La France est aux français, vaut son pesant d'or. On la trouve sans mal sur les moteurs de recherche, y compris chez les néo-nazis et les bleus Marine (cf partisansmarine.com, site qui affirme même à tord que Barzotti aurait fait de la prison pour cette chanson, alors que les rappeurs sont laissés en liberté [on connaît la chanson!]...). Jamais commercialisée, a priori jamais interprétée en scène, cette chanson immonde ferait partie d'une comédie musicale, Les Nouveaux Nomades, écrite par Barzotti en 1999, à ce jour jamais montée. Mais pré-enregistrée comme vingt-sept autres chansons de cette comédie musicale où il y aurait neuf personnages : des bons, des gentils et des crapules. C'était le rôle d'une des crapules d'interpréter cette chanson. Reste que l'enregistrement s'est fait la malle et se balade sur la toile, un peu comme les enregistrements malencontreusement perdus de Patrick Buisson. Cette chanson vit sa vie autonome, désormais pièce de choix de l'anthologie des chansons d'extrème-droite. Et de la droite extrème. Pour s'en faire une idée, un simple extrait :
Vous êtes toujours là
A rôder comme des rats
Toujours à trafiquer
A rien faire, à traîner
Vous polluez la France
Et c'est qui, qui finance ?
Chômedu et RMI
Ça sort d'la poche à qui ?
De la poche à Ducon
Et Ducon il en a marre
D'entretenir les p'tits cons
De payer leurs pétards
Barrez-vous, cassez-vous
Retournez donc chez vous
Vous foutez la pagaille
Il n'y a plus de travail
Barrez-vous, cassez-vous
On a déjà donné
Du balai, du balai
La France est aux Français
Aux Français !](https://nosenchanteurs.fr/wp-content/uploads/2014/04/hqdefault-350x262.jpg)




