NosEnchanteurs
  • QUI CHANTE CE SOIR ?
  • REVUE HEXAGONE
  • Se connecter
  • Déconnexion
bannières
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
Nos Enchanteurs
Aucun résultat
Afficher tous les résultats

Off Avignon 2026, Julie Lagarrigue, prendre soin de ses morts

deAgnès André
16 juillet 2026
dans En scène
0
Julie Lagarrigue et Thomas Labadens Photo ©Agnès André
Julie Lagarrigue et Thomas Labadens Photo ©Agnès André

Avignon, Les Platanes, 21 h 45, 11 juillet 2026

Ça commence en quinte de toux et par une bouche qui dit être faite pour mordre. Par une chanson désossée de sa musique, faite poème… poème chanté : Quand j’mords comme ça.

C’est franc, c’est brut, c’est Julie Lagarrigue. Pas trop ce qu’on imagine quand on s’en tient à la photo et au mot « poème » de l’affiche. Mais qui a dit que le poème était là pour nous caresser dans le sens du poil ? Tout d’abord, ce n’est pas n’importe quel poème, ce sont des « poèmes de secours ». C’est qu’on en a besoin quand on a « des accidents de parcours / [qu’on] roule à billes sans [justement] au- / cun poème de secours » (Le papier bleu, Nicolas Jules).

Voilà, c’est comme rendre, non les armes, mais la gentillesse à celui qui l’a inspiré au point que, Nicolas Jules ou Julie Lagarrigue, l’on ne soit plus tout à fait sûr qui a fait quoi : leur écriture est frangine — chose singulière — comme en témoigne l’album Rendu les armes paru en 2024, squelette de ce spectacle. En témoigne encore et toujours cette curieuse impression de vertige au deuxième poème de ce soir, Le garçon : « Et je vois le monde à la verticale / faut avouer c’est pas banal. » Non, ce n’est pas banal.

Pas banal non plus ces cris soudain qui semblent tout droit sortis d’une boîte à rythmes (ou d’un film d’épouvante) : deux formes humaines s’extirpent du noir et rejoignent la scène ; il y a le batteur, Thomas Labadens — si doux dans le mordant — et la fameuse voix en chair et en os, Amrit Douqué — si étrange si familière. Cette nouvelle orchestration de Rendu les armes réserve bien des surprises, de dérision comme d’envoûtement, pour finir par éclairer les mots si différemment parfois que la chanson paraît nouvelle. Elle l’est, après tout. C’est le poème qui est le même.

Julie Lagarrigue Photo ©Agnès André
Julie Lagarrigue Photo ©Agnès André

Dans ces chansons « pour les jours qui penchent » s’en détachent certaines : c’est l’art du réagencement et du réarrangement ! Citons Dis c’est quand ? à l’harmonica, western, soulignant le blues — « qu’il est long le temps pour que tu m’aimes ». Curieuse aussi que La mer noire, plus solennelle, aux accents breliens dans la voix : « je cours je meurs personne n’a rien vu ». Et celle-ci, J’mentirais : il y a ce soir une sirène derrière pour l’urgence ; il y a ce soir un écho derrière pour le réconfort — « le coton, l’encre, mon ventre / rond, entre les saisons, l’attente » — : la voix qui s’élève en contrepoint semble tout droit sortie d’une fable…

Ainsi se teinte sa powésie d’une touche fantasque et fantastique, pince-sans-rire aussi : Julie Lagarrigue reste armée de sa désinvolture et d’un poil de cynisme… nécessaires pour désarmer les deuils. Dans un grand charivari, sa powésie s’achève burtonienne, avec le Tango des squelettes (La mue du serpent, 2022) qui convoque goguenarde « la cène, Jésus et tous les autres ». Mais surtout elle s’achève dans la tendresse — toujours, au piano (Rendu les armes) : c’est qu’il faut prendre soin de ses morts.

Un seul regret et il est grand : cette séance de poèmes est bien courte ; et les armes n’ont pas été rendues jusqu’au bout (du dernier couplet, tronqué !). Pourra-t-on « s’endormir paisible » ? Pas sûr…

 

Ce que Nos Enchanteurs a déjà dit de Julie Lagarrigue, c’est ici. Son site internet, c’est là.

Julie Lagarrigue joue aux 3T-Les Platanes, 7 rue Pasteur jusqu’au 25 juillet à 21 h 45 sauf les jeudis. 

Teaser Off 2026 

« J’mentirais » (2024) 

« Rendu les armes » en trio (2024) 

 

Tags : FestivalsJulie LagarrigueNicolas JulesNouvellesOff Avignon 2026
Agnès André

Agnès André

vit, écrit, traduit à Veynes. Un lieu qui l’a menée à la chanson et à parler au passé surcomposé. Elle aime Gaston Miron, Dorothy Parker, les poireaux et la chanson des bonbons de Jacques Brel. Sa recherche ultime n’est pas celle du temps perdu mais du mot juste.

Article suivant
Off Avignon 2026, est-ce que reprendre, c’est voler ?

Off Avignon 2026, est-ce que reprendre, c’est voler ?

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oscar fou « Les bêtises »
La Chanson du Jour

Oscar fou « Les bêtises »

J'ai des bêtises plein la têteQui font toc toc pour sortirIl y en a tellement que ça m'embête. Je sais...

Suite...Details
Catherine Laugier

Lionel Damei « Bois flottés »

A vol de cormoran S’élève une centraleLe souffle du géantSes vapeurs infernalesC’est un peu inquiétant Le Jardin de JarmanLaisser quand on s’éteintUn ...

Catherine Laugier

Florent Marchet « L’éclaircie ou l’incendie »

Garde-moi quand tu cours à ta perteGarde-moi quand ton cœur est inerteEt tes rues désertes Garde-moi quand plus rien n'est ...

Catherine Laugier

Jacques Higelin « Je ne peux plus dire je t’aime »

Je ne peux plus dire je t'aime  Ne me demande pas pourquoi  Je ne ressens ni joie ni peine  Quand ...

En scène

Barjac 2013. Wladimir Anselme, un ailleurs de la chanson…

Wladimir Anselme (Photo Catherine Cour) C’est un objet chantant non identifié de la chanson. Il n’en vient d’ailleurs pas, s’est ...

Catherine Laugier

Laurent Viel « L’homme femme »

Quand je pense homme, je me sens femme, quand je dis elle, je pense à moi. Je le ressens, que ...

Festivals

Romain Didier est ainsi fait

Romain Didier, festival Paroles et Musiques, Saint-Etienne, 16 mai 2012, Les chansons de Romain Didier sont comme des paysages, des ...

Catherine Laugier

Bertrand Belin et Camelia Jordana « Le mot juste »

Si tu crois que là-bas Si tu crois qu'il y a mieux pour toi Va  S'il t'en coûte de voir ...

Govrache à L'Huma (photo Vincent Capraro)
En scène

L’Humagination au pouvoir ! [2/3]

Govrache à L'Huma (photo Vincent Capraro) Vous êtes encore là ? Bande de petits gourmands... Super, on y retourne ! Ce samedi, ...

Lancer de disque

Djamel Allam, le frère étranger

Né dans une ville de bord de mer, en Kabylie, il s’initie dès l’enfance au répertoire « chaâbi » et andalou. Et ...

Catherine Laugier

Etienne Daho, Italoconnection « Virus X »

Du haut de Saint-Vincent, les gargouilles nous surveillent Saint-Malo, roses pales  se déplient, se réveillent (Virus X) Jeune flamme orageuse, solitaire, ...

NosEnchanteurs

Nous contacter

    • Mentions légales
    • En scène
    • Interviews
    • Lancer de disque
    • Les événements
    • Pour les mômes
    • Saines humeurs
    • Thématique
    • Nos Conférences

    © 2026 NosEnchanteurs

    Content de te revoir !

    Connectez-vous à votre compte ci-dessous

    Mot de passe oublié ?
    S'inscrire

    Créez un nouveau compte !

    Remplissez les formulaires ci-dessous pour vous inscrire

    Tous les champs sont obligatoires.
    Se connecter

    Récupérez votre mot de passe

    Veuillez saisir votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail pour réinitialiser votre mot de passe.

    Se connecter

    Ajouter une nouvelle playlist

    Aucun résultat
    Afficher tous les résultats
    • Accueil
    • En scène
    • Articles
    • Bibliographie
    • Récompenses
    • Portfolio
    • Archives

    © 2026 NosEnchanteurs