Je veux que ma chanson soit comme un cri d’alarme
Entre un air à la mode et un chanteur de charme
Et même si je ne chante pas assez fort
Qu’on veuille m’écouter trois minutes encore
Quand on entend parler des femmes que l’on viole
Pour beaucoup d’entre nous ça reste des paroles
On discute on s’indigne on ferme le journal
Puis on finit par trouver ça presque normal
Hier j’ai rencontré une de ces victimes
Pour la police c’est affaire de routine
Et pour les autres ce n’est guère qu’une histoire
Moi j’ai vu la détresse au fond de son regard
Georges Moustaki (3 mai 1934 à Alexandrie – 23 mai 2013 à Nice)
Paroles et Musique Georges Moustaki. Extrait de l’album « Moustaki » 1976
Aujourd’hui Georges Moustaki aurait eu 90 ans…
Le sujet n’est pas nouveau… Il explique « Ce n’est pas non plus pour te convaincre ou te plaire / Où chanter les idées qui sont déjà dans l’air / Mais c’est pour demander un aujourd’hui meilleur /
En faisant simplement mon métier de chanteur ». Dénonce notre lâcheté et les conservateurs dominants: « La puissance l’argent la force et le mépris / L’autorité du père et celle du mari / La rigueur imbécile des fauteurs de l’ordre / Qui créent les enragés qu’il empêche de mordre », cause de ceux qu’ils dénoncent, dont ils font boucs émissaires. La chanson sur cet album a été arrangée par Jean Musy, qui vient de nous quitter.
Moustaki fut léger en amour… On dit que ses amours sont devenues des amies. Ses engagements furent réels, sans qu’il se mêle vraiment de politique.
On peut écouter ce mini récital de la même époque, en 1976 avec la chanteuse chilienne Marta Contreras qui l’accompagnait en tournée, une bonne synthèse de ses chansons de différents styles musicaux, de ses thématiques, toutes imprégnées de ses souvenirs et de ses expériences de vie, avec :
Sans la nommer / Alexandrie / Le facteur (adaptation d’Hadjidakis) / Les eaux de Mars ( Il y rajoute : « C’est une chanson qu’a donné Carlos Jobim / Un compositeur qui vit au Brésil / Il m’a demandé de la traduire en français / Et puis de la chanter / Et c’est ce que je fais/ Un pas, une pierre, un chemin qui chemine.. » ) / Le métèque / Le tango de demain (avec Astor Piazzolla) / Chanson-cri / Ma solitude / La philosophie.
Pour un premier rendez-vous avec Georges, j’ai trouvé le petit livre de Didier Agid, Georges Moustaki, Préface de Joel Favreau, paru chez l’Harmattan dans la collection Cabaret que dirigeait Christian Stalla récemment disparu, fort agréable à lire, belle synthèse de livres de Moustaki et de ses biographes ou d’autres témoignages, qui nous le rendent proche comme un ami, avec sa complexité – qu’attendre d’autre du multiple Giuseppe, Youssef, Iosif, Joseph, Jo, Georges… – et ses contradictions, « Un optimiste amer, un pessimiste gai » (Je suis un autre), et dont le parcours illustre bien le siècle précédent et la décennie suivante.



![Dans l'anthologie des chansons carrément puantes, celle du « Rital » Claude Barzotti, La France est aux français, vaut son pesant d'or. On la trouve sans mal sur les moteurs de recherche, y compris chez les néo-nazis et les bleus Marine (cf partisansmarine.com, site qui affirme même à tord que Barzotti aurait fait de la prison pour cette chanson, alors que les rappeurs sont laissés en liberté [on connaît la chanson!]...). Jamais commercialisée, a priori jamais interprétée en scène, cette chanson immonde ferait partie d'une comédie musicale, Les Nouveaux Nomades, écrite par Barzotti en 1999, à ce jour jamais montée. Mais pré-enregistrée comme vingt-sept autres chansons de cette comédie musicale où il y aurait neuf personnages : des bons, des gentils et des crapules. C'était le rôle d'une des crapules d'interpréter cette chanson. Reste que l'enregistrement s'est fait la malle et se balade sur la toile, un peu comme les enregistrements malencontreusement perdus de Patrick Buisson. Cette chanson vit sa vie autonome, désormais pièce de choix de l'anthologie des chansons d'extrème-droite. Et de la droite extrème. Pour s'en faire une idée, un simple extrait :
Vous êtes toujours là
A rôder comme des rats
Toujours à trafiquer
A rien faire, à traîner
Vous polluez la France
Et c'est qui, qui finance ?
Chômedu et RMI
Ça sort d'la poche à qui ?
De la poche à Ducon
Et Ducon il en a marre
D'entretenir les p'tits cons
De payer leurs pétards
Barrez-vous, cassez-vous
Retournez donc chez vous
Vous foutez la pagaille
Il n'y a plus de travail
Barrez-vous, cassez-vous
On a déjà donné
Du balai, du balai
La France est aux Français
Aux Français !](https://nosenchanteurs.fr/wp-content/uploads/2014/04/hqdefault-350x262.jpg)









