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Funambules sur le fil de leurs amours

denosenchanteurs
29 novembre 2015
dans Lancer de disque
1

1958441_656339847820654_8191165720892907301_nNe cherchez pas ce double album au stand de souvenirs de la prochaine Manif pour tous ou sur la platine des Barjot et autres people et politiques qui n’existent vraiment que pour semer la discorde et le désamour. Ce n’est pourtant qu’un disque de chansons d’amour, le thème le plus rabâché du genre (qui nous dira le nombre exact, de millions, de milliards, de chansons d’amour ?). Et sans doute qu’il n’y a rien de plus beau que l’amour entre deux êtres. En ces temps contrariés, hallucinés, où le monde marche sur la tête, où l’homme est fou, plus fou, plus violent et plus criminel encore chaque jour, où des esprits frileux se réfugient dans un lointain et obscur passé, dans des idées chagrines et sectaires, ne vaut-il pas mieux être fou d’amour ? Faites l’amour, pas la guerre.

Bon, ici l’amour, les sentiments c’est entre filles et filles, entre garçons et garçons. Un crime ? Certes non, sauf pour les culs-bénis, les intégristes et ceux qui, sans gêne ni retenue, dans une morale qui sent le souffre et le camphre, la naphtaline aussi, se mêlent de ce qui se passe sous la couette d’autrui. Double album, trente-cinq chansons, non des reprises mais des créations toutes autour de ces amours homosexuelles. De ces amours tout court. Que du bon sens, de la tolérance. « J’ai appris ce matin qu’une fille a le droit d’aimer une autre fille / Il n’y a pas de mal à ça / Qu’un garçon a le droit d’embrasser un garçon / Que chacun en amour peut vivre à sa façon / Maman pense le contraire / Et papa comme maman / J’ai compris ce matin / Qu’une maman un papa peuvent être bons parents / Et dire n’importe quoi / Et se tromper parfois / Et rester mes parents / De se tromper parfois / Et dire n’importe quoi… »

Cette chanson, donc, et d’autres, plein d’autres qui déclinent, avec tendresse, avec humour, courtoisement, parfois avec quelques revendications (l’appel à la tolérance, la victoire qu’est cette loi sur le mariage homosexuel…), les amours et émois entre même sexe.

Ils sont deux cent artistes (des auteurs, interprètes, musiciens, arrangeurs, graphistes et photographes) à s’être réunis pour ce double album. Difficile de tous les lister : parmi eux des noms plus connus que d’autres tels Grégori Baquet, Cécilia Cara, Sébastien Castro, Annie Cordy, Camille Cottin, Dave, Jean-Claude Dreyfus, Joy Esther, Julie Ferrier, Amanda Lear, Virginie Lemoine, Alexis Michalik, Liliane Montevecchi, Pierre Richard… Des gens qui donnent de leur voix, sans crier, sans s’égosiller, pour simplement dire l’amour.

Une œuvre charitable, me direz-vous, comme il en existe tant sur nos platines… Bien moins médiatisée que toute autre cause (ce n’est pas la machine commerciale des Enfoirés), toute aussi indispensable. Mais ce n’est pas un disque tapageur où s’agglutinent les vedettes rien que pour être sur la photo : c’est rien que de l’amour vous dis-je, chuchoté, susurré, embrassé… Pas de slogans en prêt-à-manifester ou si peu, parfois en filigrane. La première chose qui frappe l’oreille c’est la qualité. Des textes, musiques et orchestrations. Des interprétations. Tout est bon vraiment, y’a rien à jeter. Et ça en fait un disque adorable, qu’on se plait à remettre sur la platine, souvent. Libre à vous bien sûr de le brandir pour la cause, pour la liberté, pour couvrir la voix de Christine Boutin ou celle d’Éric Zemmour. Mais, juré, c’est pour le plaisir qu’il prodigue que vous l’écouterez plus encore.

 

Les Funambules, 2015. Le site des Funambules, c’est ici.

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Tags : Les FunambulesNouvelles
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Commentaires 1

  1. Danièle Sala says:
    il y a 11 ans

    Je ne sais pas si elle est dans cet album, mais j’aime beaucoup cette chanson : https://youtu.be/u356tGHcJAQ

    Reply

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