
Nous les avons jadis connu sous leur nom, ou presque, ou pas vraiment : ce furent From & Ziel, un duo voix-piano ahurissant, enivrant. Ils furent de tous les festivals, applaudis à tout rompre et il y a de quoi.
Ils s’envolèrent sans doute très haut, disparurent de nos radars. Les voici qui atterrissent de nouveau. Sur le tarmac d’un nouveau nom, qui m’évoque plus sûrement le titre d’une chanson de Brel : Orly (qu’ils typographient O.R.L.Y, on ne sait pourquoi). Il furent deux, ils sont désormais trois : « un poète urgent, un pianiste en transit et un sorcier souffleur ». À Samuel Veyrat (voix) et Ian Zielinski (piano, claviers et violoncelle) s’adjoint Xavier Bussy aux clarinettes, saxophone, glockenspiel, toy piano et mélodica. « La pluie les a soudés l’un à l’autre » pour une épopée de notes et de mots. Une écriture raffinée, parfois drôle, souvent âpre voire brutale, mais jamais dénuée de tendresse et de poésie, le tout teinté d’une mélancolique sensibilité » se présentent-ils. Sur ce disque tout beau tout frais, y a même Frédéric Juillard aux guitares, slide guitare, basse, batterie et percussions. Et la chanteuse Armelle Dumoulin sur deux titres.
Veyrat reste Veyrat dont le chant à peine chanté est montagnes russes et grand canyon, pleins et déliés, tendresses en souffrance. C’est beau comme ça l’est, et ça l’est plus encore de le retrouver. Magistral et majestueux, presque insensé. Qui vivra Veyrat… Lui et ses acolytes font relief insensé dans la plate chanson, morne plaine d’aujourd’hui : ils en sont comme l’Everest. « Je cogne, je donne / Du meilleur de moi-même ».
Orly, c’est ça, du presque rauque & roll (cause à ce que Veyrat fait tout le temps tabac) qui conjugue à tous les temps, tous les vents, « passion, lyrisme, cris et chuchotements ». Dans une poésie qui percute, culbute, une poésie voisine ou cousine de la folie. Entre les trois, tout est osmose, son et notes sont de la noce, de concert, de pure complicité, en toute intimité partagée. C’est exemplaire !
A son tour Veyrat ose – avec un talent fou, faut-il le souligner ? – La mémoire et la mer de Ferré : c’est la dernière plage du disque : « La marée je l’ai dans le cœur / Qui me remonte comme un signe… » La barre est haute, que l’athlète qu’il est franchit sans mal.
Orly, (éponyme), Les Vertébrées/L’Autre distribution 2021. Le site de From & Ziel, c’est ici (et celui d’Orly, ici); ce que NosEnchanteurs a déjà dit de From & Ziel, c’est là.
Orly sera en concert au Festival Dehors du 20 au 24 août à Bourg lès Valence dans la Drôme, et le 28 septembre à l’Ermitage à Paris pour la « Release party » de l’album.
« Méditerranée », Théâtre de la mer 2017 :
« J’irai pas là bas », Mourèze 2018 :
« La mémoire et la mer », Théâtre de la mer 2017 :



![Dans l'anthologie des chansons carrément puantes, celle du « Rital » Claude Barzotti, La France est aux français, vaut son pesant d'or. On la trouve sans mal sur les moteurs de recherche, y compris chez les néo-nazis et les bleus Marine (cf partisansmarine.com, site qui affirme même à tord que Barzotti aurait fait de la prison pour cette chanson, alors que les rappeurs sont laissés en liberté [on connaît la chanson!]...). Jamais commercialisée, a priori jamais interprétée en scène, cette chanson immonde ferait partie d'une comédie musicale, Les Nouveaux Nomades, écrite par Barzotti en 1999, à ce jour jamais montée. Mais pré-enregistrée comme vingt-sept autres chansons de cette comédie musicale où il y aurait neuf personnages : des bons, des gentils et des crapules. C'était le rôle d'une des crapules d'interpréter cette chanson. Reste que l'enregistrement s'est fait la malle et se balade sur la toile, un peu comme les enregistrements malencontreusement perdus de Patrick Buisson. Cette chanson vit sa vie autonome, désormais pièce de choix de l'anthologie des chansons d'extrème-droite. Et de la droite extrème. Pour s'en faire une idée, un simple extrait :
Vous êtes toujours là
A rôder comme des rats
Toujours à trafiquer
A rien faire, à traîner
Vous polluez la France
Et c'est qui, qui finance ?
Chômedu et RMI
Ça sort d'la poche à qui ?
De la poche à Ducon
Et Ducon il en a marre
D'entretenir les p'tits cons
De payer leurs pétards
Barrez-vous, cassez-vous
Retournez donc chez vous
Vous foutez la pagaille
Il n'y a plus de travail
Barrez-vous, cassez-vous
On a déjà donné
Du balai, du balai
La France est aux Français
Aux Français !](https://nosenchanteurs.fr/wp-content/uploads/2014/04/hqdefault-350x262.jpg)








