NosEnchanteurs
  • QUI CHANTE CE SOIR ?
  • REVUE HEXAGONE
  • Se connecter
  • Déconnexion
bannières
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
Nos Enchanteurs
Aucun résultat
Afficher tous les résultats

Frédéric Bobin : faire de ses chagrins de doux refrains

denosenchanteurs
31 janvier 2018
dans En scène, Lancer de disque
3
Frédéric Bobin et Hélène Piris à A Thou bout d'Chant (photos Anny-Claude Durbet)
Frédéric Bobin et Hélène Piris à A Thou bout d’Chant (photos Anny-Claude Durbet)

« Le soir tombe / Et je n’ai pas changé le monde… » A la question mille fois ressassée, les frères Bobin (Philippe le parolier, Frédéric le compositeur et interprète) pourraient répondre :  non, la chanson ne peut changer le monde. Tout au plus interpeller les hommes, agir sur leur conscience. Et « Tant qu’il y aura des hommes / On pourra espérer »... Bien que d’évidence elle le soit, bien plus profondément que l’artifice ou le fard de certains artistes qui font profession de la révolte, la chanson des Bobin n’est pas engagée : elle se heurte simplement, parfois, aux fracas du monde, à sa folie. Elle est engageante et c’est déjà ça, charriant sa mélancolie, ses regrets. Et délivre, au passage, non des messages mais plutôt des images, des paysages faits de lieux, d’êtres se mouvant, émouvants. Des souvenirs, des faits, et l’empreinte de sentiments. Elle tente d’être utile, de « chanter pour les hommes oubliés ».

frederic-bobin-les-larmes-d-orCette nouvelle livraison c’est à peu près ça : un album de photos. Des tirées de la presse (« des guerres de cent ans / des guerres de six jours / des fontaines de sang / et des comptes à rebours… »), d’autres d’une collection personnelle (« j’ai repris le chemin que j’empruntais hier ») qui parfois collent au plus près de nos frangins, de leur enfance. Des photos, des films, au Super 8. « Toutes les photos jaunies / ont soudain rajeuni / silhouettes étrangères et parfois familières », de celles qui hantent et traversent des chansons qui sont comme autant de maisons, parfois des tours, de Babel ou pise encore. Il y a beaucoup de compassion ici. Et de passion là, par « les étreintes intermittentes / les baisers qui s’impatientent / comme des escales exquises / entre Cythère et Venise ». De « possibles trajets / comme des lignes de chance ». L’esprit de l’auditeur peut s’égarer à l’écoute de Bobin, recomposant mentalement des chansons en combinant entre elles leurs vers. Tout fait sens dans des textes en apparence très différents, en apparence seulement. D’où se dégage, dans l’extrême musicalité des mots, la délicatesse des mélodies, une sérénité que peu peuvent se permettre en chanson. Tout fait son dans une épure classieuse, élégante. Dieu que ce folk-singer de Bobin est doué, qu’il réveille en nous des émotions, des goûts de nous.

QUE ÇA SE SACHE, QUE ÇA S’ENTENDE A Thou bout d’Chant, Lyon, 27 janvier 2018. Vous étonnerez-vous si je vous dis que la foule qui se presse devant l’entrée de cette salle underground est avant tout féminine ? Que parfois ces dames viennent de bien loin. De Valence ou de Toulouse. Elles connaissent leur Bobin par cœur, aiment sa bobine et pour rien au monde ne se seraient fait porter pâles ce soir. Certaines étaient déjà là hier au soir, lors de la première séance, prenant une émotion d’avance et la précieuse connaissance des nouvelles chansons de leur idole. Deux concerts ce soir, deux en un. D’abord l’album qu’on étrenne, présenté ici en avant-première même si les titres sont rodés depuis quelques temps : souvenez-vous, NosEnchanteurs avait chroniqué ce nouveau répertoire dès juillet 2016 à Cébazat, lors des Rencontres Marc-Robine… Douze titres d’un coup et, précieux bonus, les confidences de l’artiste qui vont avec. Puis, avec entracte, le best-off qui vient, presque deux albums au complet. Etrange bipède, Joe de Georgie, Le premier homme, Ce siècle avait deux ans, Les maisons qui défilent, Torrents de bières, Tatiana sur le périph, Comme un Jedi, Singapour…  La contrebasse d’hier de Mikael Cointepas a cédé la place au violoncelle d’Hélène Piris. Et aux gros yeux amoureux d’icelle, qui dévore du regard son chanteur et pose sa voix sur la sienne. Mais qui, étrangement, ne sait la mélodie du Démon de midi trente… Vincent Dupuis est, comme sur le disque, à l’harmonica. Et ça dépote entre copains. Le patron de la salle se presse par la lucarne et chante Singapour, en duo avec Bobin. La salle est complice comme rarement on peut l’être, le public se sait privilégié et c’est bonheur pour lui. Le chanteur est star d’un jour et pour toujours. Sans caprices, sans chichis, au naturel. Qu’il sente le neuf ou, à plus forte raison, qu’il se soit déjà frotté à toutes les scènes, son répertoire gagne ici une dimension mythique, comme une légende au sein de la chanson : chaque titre est une œuvre en soi, qui s’ajoute à la précédente. Et le public de suggérer, de réclamer les titres suivants, de les ovationner quand il obtient gain de cause… Le soir tombe, Bobin n’a certes pas changé le monde. Il a changé mon regard sur lui. Je ne le voyais que comme artiste et ami, doué à l’envi. Il est bien plus que ça, désormais dans un statut inégalable. Je ne savais que chacun de ses titres étaient d’évidence des tubes. Tous les superlatifs seront désormais de mise. Il est de ces grands folksingers français que je ne citerai pas de peur d’en oublier. Mais Bobin en est, au premier rang qui plus est. Il a mis la barre haute, très haute. Dites à ces branleurs et ignorants de l’audio-visuel et de la grande presse écrite, forcément parisienne, que le lyonnais Frédéric Bobin existe. Et qu’à son exemple (il n’est pas le seul), la chanson est vivante, pour longtemps encore. Offrez-lui vos ondes et vos colonnes : il est l’artiste le plus enviable du moment. Il faut simplement que ça se sache, que ça s'entende.
QUE ÇA SE SACHE, QUE ÇA S’ENTENDE
A Thou bout d’Chant, Lyon, 27 janvier 2018. Vous étonnerez-vous si je vous dis que la foule qui se presse devant l’entrée de cette salle underground est avant tout féminine ? Que parfois ces dames viennent de bien loin. De Valence ou de Toulouse. Elles connaissent leur Bobin par cœur, aiment sa bobine et pour rien au monde ne se seraient fait porter pâles ce soir. Certaines étaient déjà là hier au soir, lors de la première séance, prenant une émotion d’avance et la précieuse connaissance des nouvelles chansons de leur idole.
Deux concerts ce soir, deux en un. D’abord l’album qu’on étrenne, présenté ici en avant-première même si les titres sont rodés depuis quelques temps : souvenez-vous, NosEnchanteurs avait chroniqué ce nouveau répertoire dès juillet 2016 à Cébazat, lors des Rencontres Marc-Robine… Douze titres d’un coup et, précieux bonus, les confidences de l’artiste qui vont avec. Puis, avec entracte, le best-off qui vient, presque deux albums au complet. Etrange bipède, Joe de Georgie, Le premier homme, Ce siècle avait deux ans, Les maisons qui défilent, Des corps, Torrents de bières, Il faut plaindre les rois, Tatiana sur le périph, Comme un Jedi, Singapour…
La contrebasse d’hier de Mikael Cointepas a cédé la place au violoncelle d’Hélène Piris. Et aux gros yeux amoureux d’icelle, qui dévore du regard son chanteur et pose sa voix sur la sienne. Mais qui, étrangement, ne se rappelle du Démon de midi trente… Vincent Dupuis est, comme sur le disque, à l’harmonica. Et ça dépote entre copains. Le patron de la salle passe par la lucarne et chante Singapour, en duo avec Bobin. La salle est complice comme rarement on peut l’être, le public se sait privilégié et c’est bonheur pour lui.
Le chanteur est star d’un jour et pour toujours. Sans caprices, sans chichis, au naturel. Qu’il sente le neuf ou, à plus forte raison, qu’il se soit déjà frotté à toutes les scènes, son répertoire gagne ici une dimension mythique, comme une légende au sein de la chanson : chaque titre est une œuvre en soi, qui s’ajoute à la précédente. Et le public de suggérer, de réclamer les titres suivants, de les ovationner quand il obtient gain de cause…
Le soir tombe, Bobin n’a certes pas changé le monde. Il a changé mon regard sur lui. Je ne le voyais que comme artiste et ami, doué à l’envi. Il est bien plus que ça, désormais dans un statut inégalable. Je ne savais que chacun de ses titres étaient d’évidence des tubes. Tous les superlatifs seront désormais de mise. Il est de ces grands folksingers français que je ne citerai pas de peur d’en oublier. Mais Bobin en est, au premier rang qui plus est. Il a mis la barre haute, très haute. Dites à ces branleurs et ignorants de l’audio-visuel et de la grande presse écrite, forcément parisienne, que le lyonnais Frédéric Bobin existe. Et qu’à son exemple (il n’est pas le seul), la chanson est vivante, pour longtemps encore. Offrez-lui vos ondes et vos colonnes : il est l’artiste le plus enviable du moment. Il faut simplement que ça se sache, que ça s’entende.

Même si Frédéric Bobin ne reconnait vraiment que deux CD, oubliant volontiers ses deux premiers, même si on a déjà dit tout le bien que nous pensions de Singapour en 2008 puis Le premier homme en 2012, force est de considérer que ce nouvel album est encore plus réussi. L’auteur et l’interprète ont gagné en précision, en assurance. Pas de surenchère pourtant, seulement douze morceaux, douze nouvelles pièces magistrales où rien n’est posé au hasard, ni une note ni un mot. Le disque s’impose d’évidence sur votre platine, avec son spleen, ses dramaturgies, ses parentés. Ici un duo avec Kent, là un Jimmy (patrouille de nuit), dans un décor de béton, comme réminiscence du Willy Brouillard de Renaud.

Peu de musiciens en studio aux côtés de Bobin : Cointepas, Piris et Dupuis. Et Arrigoni à la prise de son et au mixage. Du bon boulot auquel il nous faut associer – ce ne sera que justice – ceux qui ont fait du livret un petit bijou : Nicolas Michel (le Nico étoile de la chanson) au graphisme et notre confrère David Desreumaux, d’Hexagone, aux photos. Bravo.

 

Frédéric Bobin, Les larmes d’or, Autoproduit/Inouïe Distribution 2018. Le site de Frédéric Bobin, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

 

 

 

 

Pas encore de vidéo extraite de ce disque tout neuf, on se console avec un précédent titre d’anthologie (on sait qu’ils le sont tous) :

Des corps

Tags : Frédéric BobinHélène PirisNouvelles
nosenchanteurs

nosenchanteurs

Article suivant
Donoré, coloré et adoré

Donoré, coloré et adoré

Commentaires 3

  1. POMMIER Marc says:
    il y a 9 ans

    Bientôt dans ma discothèque !!! Ah si les jeunes générations d’auditeurs pouvaient s’intéresser davantage à la chanson!!!

    Pourtant, il y a de nombreuses et nombreux artistes de jeunes générations !!! des créateurs intéressants qui ne demandent qu’ à chanter, s’exprimer avec enthousiasme et réflexion !

    Frédéric est déjà depuis de nombreuses années, un représentant talentueux, enfin Fred et sa compagnie !

    Reply
  2. POMMIER Marc says:
    il y a 9 ans

    J’avais oublié de préciser que les chroniques ne font que donner envie de connaître ce disque ! allez de l’audace pour découvrir ce bel ensemble !!! Ouvronns, ouvrons toujours davantage notre esprit !

    Reply
  3. odile Fasy says:
    il y a 9 ans

    Bel article pour parler de Frédéric.
    Un artiste que je ne me lasse pas d’écouter.
    J’attend avec impatiente son dernier CD.
    Et je me réjouis à l’avance de le voir chez Roger dans l’Ardèche au mois de Mars.

    Reply

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oscar fou « Les bêtises »
La Chanson du Jour

Oscar fou « Les bêtises »

J'ai des bêtises plein la têteQui font toc toc pour sortirIl y en a tellement que ça m'embête. Je sais...

Suite...Details
Saines humeurs

S’il est un vœu de bonne année…

« Salut à la compagnie / De cette maison / Je vous souhaite une bonne année / Du bien à ...

Catherine Laugier

Felix Leclerc « Hymne au Printemps »

(...)Vois, les fleurs ont recommencé  Dans l'étable crient les nouveau-nés  Viens voir la vieille barrière rouillée  Endimanchée de toiles d'araignée  ...

La Chanson du Jour

Michel Bühler « En Palestine »

A côté de son âne, sur un sentier de terre Un très vieil homme marche, pieds nus dans ses sandales ...

Jacques Bertin (photo Ouest-France)
Lancer de disque

Ce qui nous vient de Jacques Bertin

Jacques Bertin (photo Ouest-France) Plus que jamais à la marge de l'air du temps, indémodable donc, à jamais intemporel. N'a-t-il ...

Catherine Laugier

Nicolas Driot « Des cailloux et des espoirs »

Depuis qu’à tes cils je suis accrochéJe sais que le ciel est à ma portéeDécoche tes flèches et à bout ...

La Chanson du Jour

Amélie les crayons « La garde-robe d’Elizabeth »

Elizabeth devant sa garde-robe A 7h32 s'arrache les ch'veux Elizabeth devant sa garde-robe Sait jamais ce qu'elle veut Elle a ...

La Chanson du Jour

Rachid Taha « Je suis africain »

(...) AfricainDe New-York au CongoAfricainDieu a la même peauMandela (Africain)La Kahina (Africain)Malcolm X (Africain)Kateb Yacine (Africain)Jimi Hendrix (Africain)Jacques Derrida (Africain)Angela ...

Catherine Laugier

Nesles « 1976 »

Des dragons déchiraient le ciel s’étalait à midi De superbes cimetières s’étendaient sous la mer des phoques des panthères Nous ...

Catherine Laugier

Famille Delort « Couleurs d’automne »

8 décembre le soir s’illumineTout  au fond de la cuisineJ’entends la radio qui déconneOn a perdu John LennonHum cry baby ...

La Chanson du Jour

Manu (Tryo) & L.E.J Shosholoza « Tribute to Nelson Mandela »

«Nous, les Sud-Africains, nous chantons quand nous sommes heureux et nous chantons aussi quand nous sommes tristes, afin de nous ...

NosEnchanteurs

Nous contacter

    • Mentions légales
    • En scène
    • Interviews
    • Lancer de disque
    • Les événements
    • Pour les mômes
    • Saines humeurs
    • Thématique
    • Nos Conférences

    © 2026 NosEnchanteurs

    Content de te revoir !

    Connectez-vous à votre compte ci-dessous

    Mot de passe oublié ?
    S'inscrire

    Créez un nouveau compte !

    Remplissez les formulaires ci-dessous pour vous inscrire

    Tous les champs sont obligatoires.
    Se connecter

    Récupérez votre mot de passe

    Veuillez saisir votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail pour réinitialiser votre mot de passe.

    Se connecter

    Ajouter une nouvelle playlist

    Aucun résultat
    Afficher tous les résultats
    • Accueil
    • En scène
    • Articles
    • Bibliographie
    • Récompenses
    • Portfolio
    • Archives

    © 2026 NosEnchanteurs