C’est une soirée en co-plateau que nous a proposée la Templerie des hiboux en ce mercredi soir. Deux artistes d’un même niveau de notoriété (trop réduite hélas, que fait la police ?), qui chacun bénéficièrent d’une bonne heure pour nous séduire. Egalité parfaite.
Coline Malice, venue retrouver ses racines. Car ainsi qu’elle nous le rappelle, l’auvergnate d’adoption depuis une quinzaine d’années est bien originaire de Belgique, comme son vrai nom – Céline Schepens – peut l’attester (un patronyme qu’elle passe son temps à épeler auprès de l’administration française, irréductiblement rétive à l’orthographe belgo-flamande).
Lemon incest. De même alterne-t-elle les chansons d’ambiance avec des titres de révolte, quand ce ne sont pas des rires francs qu’elle déclenche, lorsque qu’elle nous fait visiter son île (pas si) déserte ou nous dresse le portrait de son homme idéal.
<« La personne qui aime est toujours la plus forte », chante Coline Malice. Ce soir, elle a donné et provoqué tant d’amour que nous en sommes ressortis invincibles.
Pascal Mary (photo Annick Delperdange)
Pascal Mary qui s’en est venu brûler les planches namuroises.
Me v’là ! de circonstance. Une superbe entrée en matière que ce titre finement écrit, qui fait le bilan des différentes combats de l’artiste avec lui-même. De la chanson consistante et nourrissante, qui n’est pas sans évoquer le Jean Guidoni des débuts. Un vocabulaire recherché au service d’images frappantes, porté par une musique au parfum jazzy, pour un ensemble interprété d’une voix claire à la diction parfaite. Le concert se poursuivra sur cette belle lancée.
Pascal Mary, c’est du désespoir rigolo. Car c’est vrai que l’univers de l’artiste donne dans le noir absolu : la mort est omniprésente dans ses chansons et ce qui précède celle-ci ne donne pas forcément l’envie d’être vécu. Mais cette désespérance poisseuse est rendue supportable par l’humour dont il fait preuve (bel exemple avec Les dimanches), que ce soit dans ses intermèdes parlés – on n’est pas loin parfois du stand up – ou dans ses titres plus ouvertement caustiques, comme son iconoclaste Joyeux Noël.
Maman (écrite de son vivant, bien qu’évoquant son futur départ) et Petite sirène d’eau douce (bouleversant poème composé après la noyade de celle-ci). Ce serait aussi écarter la joyeuse truculence dont il est capable (devinez ce qu’évoque sa chanson au refrain entrainant : Toy toy toy toy…), qui nous rend débordants de vie. Ce serait enfin ne pas tenir compte des authentiques chansons d’amour, sans distance ni second degré, que sa plume lui offre lorsqu’il quitte sa carapace.
Deux artistes au top !!! A voir et revoir sur scène où ils donnent plus que le meilleur d’eux-mêmes.