NosEnchanteurs
  • QUI CHANTE CE SOIR ?
  • REVUE HEXAGONE
  • Se connecter
  • Déconnexion
bannières
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
Nos Enchanteurs
Aucun résultat
Afficher tous les résultats

Bernard Lavilliers : l’enfer de ce monde pour 5 minutes de paradis

denosenchanteurs
29 septembre 2017
dans Lancer de disque
0

21271258_1878511698831653_8572642626282894405_nDifficile de ne pas savoir la sortie, aujourd’hui-même, du 21e opus studio de notre Stéphanois de la chanson, 71 ans et toujours vaillant. Tous les articles déjà publiés ici et là reprennent les éléments de communication suggérés par la maison de disques. Qu’après plusieurs albums aux couleurs tropicales (et des reprises acoustiques l’an passé), Lavilliers nous revient avec des textes âpres, des arrangements plus électriques…  Mais, à de rares exceptions près, Bernard Lavilliers n’a jamais fait deux fois le même album : on l’attend là qu’il est déjà ailleurs. Et, pour dire ce qu’il dit ici, il n’a besoin d’aucuns oripeaux venus des Tropiques, d’Amazonie ou d’ailleurs. Depuis quelques temps déjà, renouant avec la veine de Pouvoirs, Nanar n’hésite plus à intervenir dans les champs et chants politiques et sociétaux entre autres de l’Hexagone. L’aventurier s’est mué à nouveau en fin observateur politique. Et appelle un chat un chat, comme il se doit, parce qu’il est besoin de dire, de dénoncer, que la chanson ça sert aussi à ça. Nulle surprise donc d’entendre sur ce disque des titres tant sur les réfugiés noyés (Croisières méditerranéennes) que sur les attentats (Vendredi 13) : Lavilliers n’est certes pas le seul chanteur, loin s’en faut, à aborder ces deux sujets mais, une fois de plus, il le fait bien.

C’est avec La Gloire, de Pierre Seghers, remarquable poème écrit en 1957 durant la guerre d’Algérie, que Lavilliers ouvre ce disque. « Broyeur de mort, lanceur de feu / Rôtisseur de petits villages / Mon bel envoyé du Bon Dieu / Mon archange Mon enfant sage / Bardé de cuir casqué de fer / Fusilleur Honneur de la race / Que rien ne repousse où tu passes / Mon soldat Mon fils de l’enfer ». Un texte qui donne le ton, la gravité de l’album, lui qui six titres plus loin évoquera un Bataclan de sinistre mémoire.

« Comment va le monde ? Il va comme il va » nous chantait-il naguère. Cet album est de nouveau un survol de l’actualité, d’un monde qui a mal a sa tête ou l’a perdu. On ne sait encore quelle lecture feront de ce disque ceux qui disent haut et fort que la chanson engagée n’existe plus, qui osent la nier malgré l’évidence ; quelle tournure de langage adopteront-ils pour ne pas se ridiculiser en parlant de ces plages rouge sang, qu’elles soient irrigués par les morts quotidiens de la Méditerranée, ou de ceux qui, kalachnikov en mains, s’arrogent le droit de tuer au nom d’un dieu qui n’existe pas. De ce portrait en noir de Charleroi « partie en friches, portes clouées, maison à vendre, abandonnées », pièce importante dans la compréhension de titres qui suivent. D’un Fer et défaire comme une gifle envers monsieur Mittal, chanson que les copains sidérurgistes de Nanar apprécieront. Autant que ce Bon pour la casse qui est comme un bon-à-tirer signé par nos nouveaux gouvernants ultra-libéraux. Certes respirent d’autres chansons, comme celles sur Paris : Paris la grise et Montparnasse-Buenos Aires, plus comme un vague-à-l’âme que comme un jumelage.

Pour cet album à la tonalité rock, on parlera des collaborations que Lavilliers est allé chercher, qui toutes font plus ou moins entendre leur petite musique : Romain Humeau, Fred Pallem, Benjamin Biolay, Florent Marchet, et Feu!Chatterton. Ça fait efficace palette du sensible malgré une austérité de rigueur imposée par le choix des sujets. A ces messieurs, on ajoutera la participation de Jeanne Cherhal. Je crois avoir déjà dit ici que chaque participation de la Cherhal donne une once de plus-value : c’est encore le cas, c’est magnifique !

Noir, ce disque, comme une photographie fidèle de notre monde, où a du mal à percer L’espoir. Qu’en toute fin Lavilliers chante néanmoins avec Cherhal : « Et si l’espoir revenait ? / Tu le croiras jamais / Dans le secret, dans l’amour fou / De toutes tes forces vas jusqu’au bout ». Un sans-faute pour notre chanteur qui, là encore, montre qui est le boss. C’est, de loin, l’un des meilleurs albums, sinon LE meilleur, de l’année.

 

Bernard Lavilliers, 5 minutes au paradis, Barclay/Universal 2017. Le site de Bernard Lavilliers, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là.

Tags : Bernard LavilliersNouvelles
nosenchanteurs

nosenchanteurs

Article suivant
Jo Ziako « Ton tatouage »

Jo Ziako « Ton tatouage »

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oscar fou « Les bêtises »
La Chanson du Jour

Oscar fou « Les bêtises »

J'ai des bêtises plein la têteQui font toc toc pour sortirIl y en a tellement que ça m'embête. Je sais...

Suite...Details
Gérard Pierron (saisie d'écran du film)
Lancer de disque

Gérard Pierron au fil de l’eau

Gérard Pierron (saisie d'écran du film) Il y a dans ce titre, Sillons Sillages, comme le rappel d'une de ses ...

Biblio

Jofroi : un gros livre comme un journal intime

Jofroi (photo Charlotte Plissart) « C’est un petit, petit pays, pays caché / Dans la bruyère et les rochers / Un ...

Catherine Laugier

Bergame « Mon nom est personne »

Entre ici, ailleurs et nulle partNaviguant au fil du radarQuand l'appel du devoir résonneMon nom est personnePetit soldat vaille que ...

La Chanson du Jour

Trio Ewen Delahaye Favennec « Voilà les pirates »

Pavillon noir et tête de mortVoilà les pirates !Pavillon noir et tête de mortVoilà les pirates qu'arrivent dans le portIls ...

Saines humeurs

Françoise Hardy, pauvre chanteuse riche

Le hollandisme émasculeur de riches risque d’imposer (c’est le cas de le dire) le départ de quelques de nos (grands) ...

Pierre Paul et Alexandre (photo Nadine Le Roscouet)
En scène

Chants Ouverts 2025. Dans un Danzin, dans les deux

  Pierre Paul et Alexandre (photo Nadine Le Roscouet) 27 avril 2025, festival Chants Ouverts, mairie de Saint-Vincent-de-Durfort (Ardèche),   ...

L'Équipe

Gérald Genty, trop rigogogogogogogogogogolo !

Dans la grande famille de la chanson française, il est un genre peu couru : la chanson très très courte (ou ...

Lancer de disque

La Milca joue avec nos nerfs

Forcément, avec une telle pochette, un tel magnifique dessin, on pose le disque plus délicatement encore sur la platine on ...

Mélusine : Duterre, Baly et Guilcher (photo Hugo Harrang)
Hommage

Jean-Loup Baly, 1948-2022

Mélusine en 1976 : Dutertre, Baly et Guilcher (photo Hugo Harrang) Il fut, avec Jean-François Dutertre (avec qui il chantait ...

Catherine Laugier

Yoanna « J’ai peur »

J'ai peur d'être seuleJ'ai peur d'être folleJ'ai peur lorsque tu gueulesJ'ai peur de changer, de vieillir, de rêverJ'ai peur de ...

NosEnchanteurs

Nous contacter

    • Mentions légales
    • En scène
    • Interviews
    • Lancer de disque
    • Les événements
    • Pour les mômes
    • Saines humeurs
    • Thématique
    • Nos Conférences

    © 2026 NosEnchanteurs

    Content de te revoir !

    Connectez-vous à votre compte ci-dessous

    Mot de passe oublié ?
    S'inscrire

    Créez un nouveau compte !

    Remplissez les formulaires ci-dessous pour vous inscrire

    Tous les champs sont obligatoires.
    Se connecter

    Récupérez votre mot de passe

    Veuillez saisir votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail pour réinitialiser votre mot de passe.

    Se connecter

    Ajouter une nouvelle playlist

    Aucun résultat
    Afficher tous les résultats
    • Accueil
    • En scène
    • Articles
    • Bibliographie
    • Récompenses
    • Portfolio
    • Archives

    © 2026 NosEnchanteurs