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Barjac 2017. Volo… intimité partagée

deFrancis Panigada
14 août 2017
dans En scène, Festivals
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Volo sur la scène de Barjac (photo Anne-Marie Panigada)
Volo sur la scène de Barjac (photo Anne-Marie Panigada)

Il y a quelque chose de singulier dans l’univers des frères Volovitch, une façon unique de délivrer des confidences, de parler de soi pour parler à tous, un sens de l’image, une faculté à faire résonner, à travers  l’évocation de souvenirs, d’impressions, notre propre mémoire, nos intimes émotions.

Cette complicité partagée, c’est d’abord celle des deux frangins qui, sur scène, se renvoient la balle, se répondent, s’unissent, voix et écritures mêlées au rythme de ballades folks, de guitares acoustiques soulignées avec dextérité par celle du troisième larron, Hugo Barbet, aux accents électriques.

Sur cette douce et légèrement syncopée vague musicale, viennent se poser les textes, finement ciselés, peintures impressionnistes d’autant de moments vécus, de regards sur les jours qui passent. Car elle s’écoule la vie et ils sont déjà loin les 17 ans où l’on se moquait du vieux qui faisait du vélo, la roue tourne et c’est à notre tour de rire de l’ado que nous ne sommes plus. Les images d’hier reviennent et, avec elles, les premiers émois amoureux, les souvenirs d’enfance (Dimanche).

Le temps s’enfuit, parfois trahit, mais c’est aussi lui qui construit, qui nous fortifie à travers nos relations, nos amours : « Et si c’est le temps qui passe qui fait qu’on se connait / il faut que le temps passe et ne s’arrête jamais ». Ainsi, au-delà de l’impermanence, il reste des sentiments profonds, immuables : la passion amoureuse (T’es belle), la tendresse paternelle (Petite tête).

Mais ce qui frappe chez Volo est cette capacité à relier ce qui est de l’ordre de l’intime et du collectif, du fait social, parfois de façon feutrée, juste esquissée comme dans Syndrome : « Et je me souviens de toi nue / et de moi priant contre ta peau / pour que cette journée soit que le début / du plus grand des mouvements sociaux ». L’abord est, d’autres fois, plus direct, plus caustique, que ce soit pour parler de la dette et des banques (Un gars honnête), ou du futur de la planète avec Au cas où, manuel de survie pour nos enfants en prévision des temps barbares : « au cas où / j’aimerai que mes enfants / apprennent vite comment survivre / en milieu hostile ».

Car, bien évidemment, Volo est un groupe engagé et ne s’en cache pas, même si les convictions sont parfois ébranlées lorsque l’on découvre au hasard d’une conversation que l’on a un copain de droite (Aucun doute), même si l’on perd quelques fois le sens de l’orientation (J’hésite) devant l’étendue des questions, des soubresauts du monde : « Est-ce qu’on a les élites qu’on mérite ? J’hésite. Le GPS nous a perdu / On n’ira pas à droite c’est sûr / Faire demi-tour c’est sans issue / Et si on continue tout droit / On finira dans l’mur / Le GPS nous a menti / Faut prendre encore à gauche c’est sûr… »

Jamais didactique, parfois avec humour, toujours avec tendresse, Volo, même sur une grande scène, sait nous parler avec douceur, nous prendre à témoins, nous embarquer dans un dialogue, celui des deux frères, celui qu’ils tissent avec le public, subtilement, habilement, à condition de tendre l’oreille, d’entrer dans la confidence, de répondre à cette invitation :

« Je vais vous mettre à l’aise / c’est de la chanson française »

 

Le site de Volo, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’eux, c’est là.

Tags : Barjac 2017Nouvelles
Francis Panigada

Francis Panigada

Fin observateur de la chanson depuis toujours, bénévole à Barjac m’en chante, longtemps programmateur à l’association Chant’Essonnes et chroniqueur culturel sur la mythique revue de cette association. Si sa plume se fait plus rare désormais, elle n’en est pas moins d’une grande précision.

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