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Paroles et Musiques 2013 : La rue plus vaste qu’un boulevard

denosenchanteurs
31 mai 2013
dans Festivals
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vvvvvv, de la Rue Két' (photo d'archives DR)
Florent, Olivier et Mourad, de la Rue Két’ (photo d’archives DR)

Boulevard des airs + La Rue Kétanou, 30 mai au Palais des spectacles à Saint-Etienne.

La Rue Kétanou fait partie de ces chouchous du festival stéphanois qui les a vu grandir en audience au fil des années, depuis leur naissance, langes et premiers biberons, canettes et litrons. Ce festival, qu’on sait fidèle dans ses amitiés, ne pouvait louper leur retour après quelque temps, finalement peu, de retrait. Florent Vintrigner, Olivier Leite et Mourad Musset étaient donc hier au soir sur la scène du Palais des spectacles, déjà bien chauffée par Boulevard des airs, aide certes superflue qui permet cependant un démarrage au quart de tour. Dans la rue, tout de suite !

BDA : la musique d’abord, le reste… Trois lettres géantes pour seul décor : BDA, pour Boulevard Des Airs ? Désert, non. Ni dans la salle, pleine comme un œuf, ni sur scène qu’ils sont huit musiciens à se partager. Musiciens (excellents musiciens !) et non chanteurs, même s’ils chantent, un peu. Des mots, des vers ruisselant de bons sentiments, rien de bien exaltant, style « Je cours et c’est le temps qui se taille… » Bof ! C’est fade mais ne mange pas de pain, ça ruisselle de bons sentiments, un groupe engagé, de gôche il va sans dire. Constatant notre pays tel qu’il est, ils se fendent d’un refrain mille fois ressassé : « Oh France, je ne t’aime plus. » Bon, jusque là, ça va encore. On peut tiquer par contre quand ils reprennent Le Chant des partisans qu’ils affadissent, appauvrissent, qu’ils mettent au rang de n’importe quel titre, chanté puis oublié sur l’instant. Le Chant des partisans est un sanctuaire dans lequel on ne peut entrer qu’avec talent, comme Léotard le fit naguère. Eux en font du rien et c’est un crime. Ils sont la bougeotte incarnée, à toujours sillonner la grande scène, qu’ils hantent de leurs notes cuivrées, de l’exubérance de leurs portées. Non, vraiment, Boulevard des airs est un groupe musical : qu’il le reste ! Dont on doit reconnaître la qualité même s’il peut profondément nous ennuyer.  Hier nous avons eu, en un seul plateau scénique, et le boulevard et la rue. Reconnaissons que la rue fut large et le boulevard étroit, étroit. VB & MK
BDA : la musique d’abord, quant au reste…
Trois lettres géantes pour seul décor : BDA, pour Boulevard Des Airs ? Désert, non. Ni dans la salle, pleine comme un œuf, ni sur scène qu’ils sont huit musiciens à se partager. Musiciens (excellents musiciens !) et non chanteurs, même s’ils chantent, un peu. Des mots, des vers ruisselant de bons sentiments, rien de bien exaltant, style « Je cours et c’est le temps qui se taille… » Bof ! C’est fade mais ne mange pas de pain, ça ruisselle de bons sentiments, un groupe engagé, de gôche il va sans dire. Constatant notre pays tel qu’il est, ils se fendent d’un refrain mille fois ressassé : « Oh France, je ne t’aime plus. » Bon, jusque là, ça va encore. On peut tiquer par contre quand ils reprennent Le Chant des partisans qu’ils affadissent, appauvrissent, qu’ils mettent au rang de n’importe quel titre, chanté puis oublié sur l’instant. Le Chant des partisans est un sanctuaire dans lequel on ne peut entrer qu’avec talent, comme Léotard le fit naguère. Eux en font du rien et c’est un crime.
Ils sont la bougeotte incarnée, à toujours sillonner la grande scène, qu’ils hantent de leurs notes cuivrées, de l’exubérance de leurs portées. Non, vraiment, Boulevard des airs est un groupe musical : qu’il le reste ! Dont on doit reconnaître la qualité même s’il peut profondément nous ennuyer.
Hier nous avons eu, en un seul plateau scénique, et le boulevard et la rue. Reconnaissons que la rue fut large et le boulevard étroit, étroit.     VB & MK

Que vous dire que vous ne sachiez déjà, que vous étiez hier stéphanois ou que vous les ayez déjà applaudi, ici et là ? La ferveur du public, entière, sincère. L’adhésion à des mots simples, une chanson populaire au noble sens du terme, ni vulgaire ni raffinée, mémorisable sur l’instant, qu’on se plait à chanter à tue-tête avec son voisin, avec sa copine. Une guinguette fraternelle qui caravane des mots de bon sens. Et d’abord d’amitié. S’ils électrisent l’assemblée c’est par grand renfort d’acoustique : eux sont l’exact contraire de -M-, en concert la veille en ce même festival : Chédid est l’élaboré, eux sont l’épure ; lui serait le châtelain qu’ils seraient les va-nu-pieds, les SDF, à chanter sous les ponts, à nouer fraternité avec le premier venu.

« Je donne carte blanche à mes rêves… » C’est fou ce qu’on apprend de la chanson en écoutant ces trois-là, de cet art modeste et nécessaire, de cette transmission, de cet outil qui peut indistinctement vous faire la cour, vous faire l’amour et présider à la révolte, bouleverser un monde. C’est engageant autant qu’engagé : « Les dessous de table / C’est l’envers du décor / C’est le fond de la cave / L’argent vaut de l’or / Et les promesses que dalle. » Nous sommes dans une chanson de partage, pareille à celle de Maxime Le Forestier ou Graeme Allwright à leur époque, aussi nécessaire : « Alors reprenons la route / Sans revenir sur nos pas / Puisqu’on nous appelle / Puisqu’on nous montre du doigt. » Ils étaient bien trois, quatre mille hier, à bouger, à danser sur ces trois-là, à faire vagues humaines. A vivre intensément cette chanson-là. Ça ne peut que nous rassurer, si tant est que nous pensions que la chanson bat de l’aile : au détour d’une chanson-hommage à une amie disparue, ils se la sont imaginée fumant un pétard avec Bashung, Moustaki, Ferrat et l’ami Leprest. Pile leurs références, notre culture commune.

Lee site de La Rue Kétanou, c’est ici ; celui de Boulevard des airs, c’est là.

 

 

 

 

Tags : Boulevard des airsFlorent VintrignerLa Rue KétanouMourad MussetNouvellesParoles et Musiques
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Commentaires 2

  1. Danièle says:
    il y a 13 ans

    Et merci pour le rappel de : »LA RUE KETANOU EN CONCERT A LA PUCE A L’OREILLE.  » à Riom .Il y avait moins de monde, mais une ambiance tout aussi chaleureuse !

    Reply
  2. PhilKirl says:
    il y a 13 ans

    J’aimerais bien les voir sur scène, l’ambiance me rappelle un peu les concerts de Pigalle ou Négresses Vertes et bien d’autres encore… Comme quoi, n’en déplaise à Antoine, l’accordéon vaut bien la clarinette…:-)

    Reply

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L’album de 2017, enregistré d’une traite à Molenbeek en Belgique, ne se veut plus seulement poétique mais plus ancré dans le monde qui l’entoure, avec des chansons engagées, Le grand dérèglement,  Apocalypse à Ipsos ou 1982 sur la désillusion des rêves humanistes. La fragilité d’un adolescent , la perte amoureuse plus dramatique que tous les malheurs de l’humanité, l’érotisme, la femme éternelle sont aussi thèmes abordés dans l’album. Les sonorités vont de la douce ballade où la voix susurrée peut évoquer celle de Polnareff, sur fond de sonorités et de chœurs entêtants (Rentes écloses), au rock délirant presque punk de la Bête morcelée, en passant par les sonorités répétitives et primitives d’Âpres après qui tournent comme un manège fou. A part le daf (tambour turc) du Grand dérèglement, les sons y sont moins africains que dans de précédents albums. Les textes autour de phrases revenant en leitmotiv semblent  au choix, poésie fulgurante « le cœur devenu lourd comme un caillou de Cayenne »,  ou écritures automatiques; la voix, un peu nasale, un peu fragile, suivant les goûts, suave ou irritante. Mais l’album devrait vite devenir addictif, le premier étonnement dépassé.
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