
11 octobre 2026, festival Le Chant des Vagues, Erquy (Côtes d’Armor),
Ce fut, vous vous en doutez, le point d’orgue de ce festival, la plus belle vague de ce troisième Chant des Vagues d’Erquy. Vague ? En nettement plus net.
En cette lente agonie de la macronie, en cet avant présidentielle où déjà trente-cinq prétendants font risette aux médias, en ce monde de plus en plus fou dirigé, digéré par plus dingues que lui, où donc chercher l’info la plus fiable, la plus rigoureuse, la plus mordante aussi ? Au quotidien sur Médiapart peut-être et, à l’exceptionnel (ils n’ont hélas pas le don d’ubiquité) chez les Goguettes (Clémence, Stan, Aurélien et Valentin), celles qui se disent à trois mais à quatre.
Les jours précédents nous ont amené leur lot de sujets : l’antisémitisme avéré et structurel de Bardella (vous pensez si c’était une surprise…), la préparation du budget, la révolte lycéenne et j’en passe et des pas mal… Quant on sait la légendaire réactivité de nos Goguettes, plus prompts à dégainer qu’une dépêche AFP, on s’attendait à un festival. Nous l’avons eu. Mieux encore : à dix minutes des résultats d’un scrutin qui les a vu s’hara-kiriser une bonne fois pour toute, ces quatre-là nous chantaient ce qu’il reste de socialistes, sur des notes chères à Johnny : « Quoi ma gauche / Qu’est-ce qu’elle a ma gauche ? ». Mieux que France-Info, qui plus est en nettement plus rigolo. Nous-mêmes sommes fous. Alors que le chanson est un exutoire, on vient les voir pour s’en foutre plein la tronche : du Macron à volonté, du Sarko vrai boulet en tenue de bagnard, du Philippe et du Retailleau plein les oreilles, de la Marine qui ne sent pas bon des embruns, du vomis de Trump, des sommets himalayens du prix de l’essence, de la grande gueule de Dati en attente d’un bracelet électronique de chez Dior, de ces flics qui jadis travaillaient d’arrache-pied et le font désormais d’arrache-main…

Ce fut, ce dimanche, la plus récente mise à jour de leur spectacle « 3e Quinquennat » avant la suivante, à savoir leur prochaine représentation. Sur l’air de Je l’aime à mourir de Cabrel, ils nous chantent On n’a rien vu v’nir, leur revue d’actualité : ils y casent avec pertinence et talent tout ce qui vient d’arriver, d’advenir. Leur perpétuelle actualisation ne se limite pas à ce seul titre : l’observateur attentif que je suis (y a pas de mal, je les avais vu la dernière fois en fin juillet) mesure à chaque titre (à plus forte raison les nouveaux) les habiles mises à jour.
Ça fait treize ans (ils le chantent sur l’air de La Parisienne de feue Marie-Paule Belle) qu’ils font ça, qui plus est de mieux en mieux. Quant on voit le lamentable des journalistes radios et télés où même le service public se met à faire du CNews, on se dit que nos Goguettes devaient être sur toutes les chaînes.
En guise de nouveauté, il nous font la rétrospective gouvernementale depuis la dissolution : la valse des premiers ministres et des suivants. C’est tournoyant, désopilant, sur les motifs du Vesoul de Brel qu’il avait jadis déjà utilisé lors du covid19 (rappelez-vous de T’as voulu voir le salon…). Plus enivrant encore, ces 1000 bistrots qui voient Attal boire son verre jusqu’à la lie, de bide en bide : « On a dû annuler la tournée / D’toute façon y’avait personne qui s’pointait… » Sur l’air de Viens boire un p’tit coup à la maison de Licence IV, évidement.
Ça et les grands tubes, déjà des classiques, à tel point qu’ils en font un pot-pourri qui sent bon. Ah, ce « Ce matin, Darmanin / A eu une faveur / C’est un chaud lapin qui… »
Nous pourrions tout vous raconter, tout commenter : deux heures d’observations politiques qui tournent au délire : le plaisir est total et le public repu. A la sortie, le merchandising bat son plein : livre et disques se vendent sans appel.
Le site des Goguettes à trois mais à quatre, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’eux, c’est là.
« En marche » :
« Quoi, la gauche ? » :












