
2 août, Espace Jean Ferrat
C’était, je crois, un événement ! Vous pensez, Clarika programmée à Barjac, comme un oubli enfin réparé, une logique respectée.
Mais la réussite d’un concert résulte d’une étrange et subtile alchimie, qui plus est jamais la même. La relation entre Barjac et Clarika ne fut pas fusionnelle, loin s’en faut : elle est restée, à l’exemple de la plupart des applaudissements, de pure courtoisie.
C’est vrai que, dès le départ, la voix de Clarika s’est enrayée (guérie sur l’heure par une tisane au miel cévenol), mais là n’est pas la raison.
Pourquoi dire, dès le début, pour entrer en conversation, ce qu’on lui a dit de Barjac : un festival de « puristes », pire : d’« intégristes » qui « fuck le rock et n’écoutent que du Brassens » ! Ça indispose. Et pis d’ailleurs c’est pas vrai. Tout au plus, il peut y avoir pour certains un peu de méfiance mais on a vu depuis pas mal d’années la capacité peu commune des habitués de ce festival à accepter des propositions quelque peu différentes…
Du reste, Clarika n’est pas une chanteuse de variétés au fronton du show-biz. Quand on chante Ça s’peut pas, une des plus belles chansons qui soit, on a sa place dans le cœur et le corps de Barjac.
Ce ne fut certes pas un échec ; ce ne fut pas, loin s’en faut, un triomphe. Même le désirable Les garçons dans les vestiaires, sur des intonations arabisantes pouvant suggérer un hammam, « aah, si j’étais un garçon, je saurais ce qu’ils font dans les vestiaires… », tomba un peu à l’eau… Même le C’est bien mérité n’eut pas vraiment d’échos. Comment est-ce possible ?
A faire strictement le même set d’un lieu de concert à un autre, on peut oublier de savoir où on chante, et devant quel public. D’en prendre le pouls. Ce n’était pas ici le tout venant des amateurs de Clarika, des fans, mais une assemblée de gens qui, pour la plupart, ne la connaissait pas. Ou peu. Prêts et prompts cependant à l’accueillir en leur sein. Clarika n’a pas changé d’un iota le fil de son concert, avec son lot d’anecdotes un peu bizarres, absconses, qui ont éloigné plus encore le public présent. Elle n’aurait dû que chanter, donner le meilleur de son chant, abdiquer le reste comme elle l’a fait de ses décors qui ne pouvaient s’accorder aux pierres du château, comme elle a semble-t-il baissé la puissance de sa sono.
Si l’art est une matière vivante, le public l’est tout autant. Chaque public a son identité propre : le prêt-à-porter, le prêt-à-chanter, ne conviennent pas toujours. Malgré tous ses efforts, son énergie, sa chorégraphie et ses sautillements matériaux, malgré quelques de ses fans qui faisaient la claque, la mayonnaise n’a pas pris, la magie n’a pas fonctionné.
Ne boudez pas Clarika pour autant. Si ça n’a pas fait ici, ça le fera ailleurs.
Le site de Clarika, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là.
« Ça s’peut pas » Trianon 2017 :
« Les garçons dans les vestiaires » audio 2001 : https://www.youtube.com/watch?v=yvMy21iiijY
« Même pas peur » Pont des artistes 2019 :











![Dans l'anthologie des chansons carrément puantes, celle du « Rital » Claude Barzotti, La France est aux français, vaut son pesant d'or. On la trouve sans mal sur les moteurs de recherche, y compris chez les néo-nazis et les bleus Marine (cf partisansmarine.com, site qui affirme même à tord que Barzotti aurait fait de la prison pour cette chanson, alors que les rappeurs sont laissés en liberté [on connaît la chanson!]...). Jamais commercialisée, a priori jamais interprétée en scène, cette chanson immonde ferait partie d'une comédie musicale, Les Nouveaux Nomades, écrite par Barzotti en 1999, à ce jour jamais montée. Mais pré-enregistrée comme vingt-sept autres chansons de cette comédie musicale où il y aurait neuf personnages : des bons, des gentils et des crapules. C'était le rôle d'une des crapules d'interpréter cette chanson. Reste que l'enregistrement s'est fait la malle et se balade sur la toile, un peu comme les enregistrements malencontreusement perdus de Patrick Buisson. Cette chanson vit sa vie autonome, désormais pièce de choix de l'anthologie des chansons d'extrème-droite. Et de la droite extrème. Pour s'en faire une idée, un simple extrait :
Vous êtes toujours là
A rôder comme des rats
Toujours à trafiquer
A rien faire, à traîner
Vous polluez la France
Et c'est qui, qui finance ?
Chômedu et RMI
Ça sort d'la poche à qui ?
De la poche à Ducon
Et Ducon il en a marre
D'entretenir les p'tits cons
De payer leurs pétards
Barrez-vous, cassez-vous
Retournez donc chez vous
Vous foutez la pagaille
Il n'y a plus de travail
Barrez-vous, cassez-vous
On a déjà donné
Du balai, du balai
La France est aux Français
Aux Français !](https://nosenchanteurs.fr/wp-content/uploads/2014/04/hqdefault-350x262.jpg)


Je reste sur toutes les soirées réussies où Clarika nous a transmis son émotion et sa vitalité. Des circonstances que j’ignore, n’étant pas à Barjac, ont fait que ce rendez-vous ne s’est pas complètement concrétisé, c’est effectivement bien dommage mais ça ne présume en rien de l’avenir, qui nous réservera encore des concerts de toute beauté, j’en suis sûre.
Et un « Lâche-moi » magnifique, intime malgré la voix fatiguée…
dommage pour barjac ! mais en tout cas pas pour clarika qui a largement fait ses preuves !!!!!!!!
j’ai adoré le concert de clarika à biganos entre les 2 confinement et suis depuis longtemps fan de ses disques !
VIVE CLARIKA