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Chansons cuivrées : Vendeurs d’enclumes et Courir les rues

denosenchanteurs
30 janvier 2012
dans Lancer de disque
4

Les moins de vingt ans ne suivront peut-être pas la comparaison, mais il y a tout du Grand Orchestre du Splendid en Courir les Rues (& sa band). Tout, sauf les tenues bariolées, sulfureuses, démoniaques. Nos Courir les rues font dans le soft, la grande classe, très Stendhal. Eux, c’est le rouge et le noir pour tenues. Et tout l’or des cuivres. En cela, ils font aussi songer à l’accompagnement de Bénabar. Très classe, très stylé, grand luxe que ce double quintet (ils sont dix) là. Propos honnêtes et bien écrits mais pas de textes vraiment marquants pas contre et c’est là où le bât blesse. Le plaisir est évident à les écouter mais, dès le disque terminé, sinon la bonne impression d’ensemble, il ne vous reste pas de paroles en tête qui vont cheminer et fredonner, qui, incongrus, vont revenir à tous moments comme des évidences. Pourtant les sujets intéressants ne manquent pas chez eux, qui plus est bien traités (comme « Fais-moi un bon café » qui aborde des problèmes de société comme la relation de couple). Comment dire ? Y’a pas le feu sacré, hors les cuivres bien astiqués ça manque un peu de personnalité, de relief, et c’est ça qu’il leur faudra cultiver. Par contre, ça donne envie d’aller les applaudir et, en ce sens, le dévédé embarqué avec le disque a son utilité : il nous prouve l’agréable performance de Courir les rues en scène, et l’évidente adhésion de son public, la chaleur de cette musique contagieuse (Courir les rues & sa band’, Le double live, cédé + dévédé, 2012, autoproduit/Musicast distribution ; le site de Courir les rues)

Un peu moins de cuivres (encore que, avec les trompettes et cor invités…) et une musique plus chaloupée chez Vendeurs d’enclumes. Là, le verbe a plus d’importance. En tous cas il est plus mis devant, plus en valeur, plus en voix. La différence est là qui rassurera l’amateur de chanson. Une chanson quelque peu surannée, vieillotte, entre la chanson réaliste et Brel s’il faut la situer (la chanson C’est pas mon genre est de plain pied dans l’univers brélien), mais bien amenée, bien menée, avec une vraie personnalité où le timbre vibrant et dramatique de Valérian Renault n’est pas étranger. C’est le troisième opus de ce groupe de déjà dix ans d’âge, groupe qui réussit à se démarquer que ses nombreux confrères et concurrents. Les petites musiques valsent bien dans nos têtes et les mots s’incrustent d’autant plus facilement. (Vendeurs d’enclumes, Décadrant, 2011, Macabane + Abacaba/L’Autre distribution ; le site de Vendeurs d’enclumes)

Tags : Courir les ruesVendeurs d'enclumes
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Commentaires 4

  1. Norbert Gabriel says:
    il y a 15 ans

    Je connais peu « Courir les rues » en revanche Vendeurs d’enclumes vus 2 ou 3 fois en spectacle m’ont enthousiasmé à chaque fois, du spectacle avec de la puissance autant dans le fond que dans la forme. Pas du rock en agitations bruyantes et creuses, mais du sens et de la musique pêchue.

    Reply
  2. OR says:
    il y a 15 ans

    A découvrir très bientôt au Café de la Danse à Paris, le 14 février pour Vendeurs d’enclumes, et 2 jours plus tard le 16 pour Courir Les Rues et sa Band’.

    Reply
  3. Festiv'Art says:
    il y a 15 ans

    Je ne boude pas mon plaisir en écoutant cette « Paresse » … et en voyant l’interprétation du groupe où je retrouve tous les ingrédients que j’aime tant ! … D’ailleurs c’est un plaisir où les réactions du public jouent leur rôle ! Voilà, tout est là ! Dans cet échange … et c’est bon aussi de simplement prolonger ce que sans doute tu as voulu offrir, Michel !
    Merci !

    Reply
  4. François Traisnel says:
    il y a 15 ans

    oui, quelle chanson ! elle a été une illustration splendide pour l’émission « un petit air dans la tête » – spéciale sur justement la paresse….
    De quoi, se laisser aller à tout ses bas-instincts en la matière !

    Reply

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