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Barjac 2019. Marion Rouxin… Souveraine !

deFrancis Panigada
3 septembre 2019
dans Anne-Marie Panigada, En scène, Festivals, Francis Panigada, L'Équipe
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Marion Rouxin (photos Anne-Marie Panigada)
Marion Rouxin (photos Anne-Marie Panigada)

S’il était un pari – celui de remplacer Michèle Bernard, accidentellement indisponible – c’en était un forcément difficile et pourtant… quelle surprise ! Le défi fut relevé et d’une bien belle façon au point que ce concert restera comme un des moments les plus forts de cette édition. Rien d’étonnant pourtant, pour qui suit le parcours, déjà fort riche, de cette artiste aux talents multiples. Formée à la danse, au théâtre, au piano et au chant, elle fut pendant sept ans, de 1999 à 2006, l’âme et la voix du groupe « Paul et Robin ». J’ai le souvenir des trois albums de cette formation comme autant de coups de cœur. A compter de 2005, avec la rencontre d’Edouard Leys (pianiste, compositeur, arrangeur), c’est sous son nom qu’elle se produira et nous offrira trois autres disques, Je t’écris, Légère et Land Art. Son dernier opus, qui donne aussi son titre au spectacle présenté ce soir-là, L’autre, est une marche de plus vers la consécration, j’ose le dire, d’une grande artiste, une étoile ! Oui, brillante Marion, de toutes ses facettes, maitrisant parfaitement la scène, majestueuse, souveraine, elle a envouté le public, l’a pris sans jamais le lâcher, l’a laissé fasciné, subjugué.

cQ0731-575L’univers de Marion est celui des sensations, du sensible. Ce sont des moments de vie, des instants fragiles immergés dans le rêve éveillé, des petits riens du quotidien, une façon de rendre intemporel l’éphémère, de faire de simples frissons de grandes émotions, une poésie qui sublime l’intime, qui se fait charnelle, à fleur de peau.

Les mots de Marion s’écrivent « Sur la peau », ils nous disent le temps qui laisse ses traces qui « creuse des puits, des rigoles/où viennent s’abreuver les oiseaux », le temps pourtant qui nous fait mortels mais vivants, cette vie qu’elle célèbre dans le plaisir sensuel de se laisser aller entre L’océan et le soleil. « L’autre » ce sont les émois et les peurs partagés de la maternité et de l’enfance (Le loup) avec ses interrogations (Dis-moi), la présence affectueuse de l’être aimé mais aussi son absence (Tu es loin), la souffrance de l’exil (De l’autre bout du monde), la mélancolie (Des fois non).

Il y a enfin cette femme qui marche : « Elle marchera pour ses enfants/Elle marchera pour ses amours/Pour la liberté pour le vent/Pour pouvoir chanter nuit et jour/Elle marchera jusqu’aux barrières/Que d’autres auront pourtant posées… ». Cette femme bientôt rejointe par d’autres pour un hymne, un chœur, une danse, d’autres qui se font affluents pour creuser une « rivière ». Point de pamphlet engagé mais une écriture qui parle avec sensibilité et humanité de cette altérité, qu’elle soit celle de la femme, de l’étranger, de l’exilé.

cQ0731-634bTout est ici remarquable! La voix de Marion est surprenante, à nulle autre pareille, impressionnante tant par sa puissance que par sa tendresse, tour à tour violente, mélancolique, une voix qui submerge, qui emporte, qui caresse, qui effleure, qui s’immisce dans notre intimité, nos épidermes. La musique orchestrée par Edouard Leys est tout au service de son univers, du simple piano accompagnant avec sensibilité et douceur jusqu’aux accents étranges et sauvages de l’électro rythmant la danse d’une Marion qui se fait souple et féline (Météo marine). La complicité du duo se fait sentir jusque dans la chorégraphie pour une fusion des gestes et des corps. Enfin, la mise en lumière s’accorde avec justesse à cette ambiance, clair obscur entre chien et loup, entre crépuscule et aube, ces instants propices au rêve, à la nostalgie, à la mélancolie.

Un spectacle parfaitement maitrisé, tout en précision et pourtant… quel tourbillon de sensations, d’émotions ! Marion Rouxin est juste éblouissante et le public de Barjac, passé la première surprise, ne s’y est pas trompé et l’a accueillie comme une belle découverte. Et puis, comment ne pas saluer l’élégance de Marion et de Frédéric Bobin, autre artiste de cette soirée, pour l’hommage rendu à Michèle Bernard et leur reprise en duo de Maintenant ou jamais.

Pour tous, pour moi… Du plaisir avant toute chose !

 

Le site de Marion Rouxin, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’elle, c’est là. 

Tu es loin

Tags : Barjac 2019Marion RouxinNouvelles
Francis Panigada

Francis Panigada

Fin observateur de la chanson depuis toujours, bénévole à Barjac m’en chante, longtemps programmateur à l’association Chant’Essonnes et chroniqueur culturel sur la mythique revue de cette association. Si sa plume se fait plus rare désormais, elle n’en est pas moins d’une grande précision.

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Commentaires 2

  1. FRASIAK says:
    il y a 7 ans

    Ce spectacle de Barjac était tout simplement magnifique..
    Merci Marion et Edouard pour ce voyage hors du temps.
    Merci Francis pour cette chronique qui exprime parfaitement ce que j’ai ressenti aussi.

    Reply
  2. Evelyne GUTIERES says:
    il y a 7 ans

    Je suis comme Eric Frasiak encore sous le charme de ce très beau spectacle de Marion et de son musicien et complice !
    je les avais découverts grâce à la chanson « La rivière » que vous nous aviez fait écouter et ce magnifique clip sur une plage de Bretagne !
    J’attendais de la retrouver à Barjac et je peux vous dire que j’ai été conquise par cette artiste aux multiples facettes !
    Sa voix qui me transporte, ses textes qui me touchent, sa danse qui m’emporte furent pour moi un vrai moment de grâce mêlée d’émotion !
    Merci Marion et Edouard et merci Fred pour ce moment de partage autour de la chanson de Michèle Bernard ! Quel bel hommage vous lui avez rendu !
    L’article de Francis (que j’attendais avec impatience) est vraiment le reflet de cette soirée. Bravo !
    Evelyne

    Reply

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