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Bruno Brel, retour de flammes

denosenchanteurs
3 février 2018
dans Lancer de disque
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Bruno Brel« Chanter pour ceux qui n’écoutent pas / Mais qui viennent me voir quand même / Parce qu’on ne sait jamais / N’est-ce pas, ça pourrait bien être le même ».

Il y a deux décennies, Bruno Brel, accueillant les chansons de son oncle au sein de son répertoire, nous parlait d’héritage et de descendance. L’héritage semble désormais digéré et on peut ne plus pouvoir faire la différence entre ce que chantait l’oncle et ce que chante désormais le neveu, ni dans l’intention ni dans l’intonation, la démonstration. Chassons de suite le mauvais procès instruit par les médiocres : non, un Brel ne clone ni ne singe l’autre, mais les gènes sont identiques et on n’y peut rien. Même si, aux yeux et aux oreilles des chroniqueurs et programmeurs qui ne savent fonctionner que par a priori, le procès est déjà bouclé, le verdict prononcé.

Bruno Brel est homme entier, qui fonctionne et chante à l’instinct. Le picard qu’il est n’a jamais su taire son accent bruxellois (« plus personne ne parle c’t’accent là, sauf Brel à la télévision » chantait tonton). Et sa chanson de geste trahit la descendance, l’incandescence, le sang bouillonnant.

Ici, Brel se prend d’empathie pour Les pauvres gens, là l’amitié naît dans la cécité et la nécessité. Plus loin, il pense à Toulouse qui blues et à Nougaro à plus d’un titre, plus qu’un mot. En presque voisin, il nous entretient de Calais et de ces précaires, ces migrants, plus par la suggestion qui n’en est pas moins dénonciation : « J’ai reçu ta lettre / Et je la relis chaque jour / En espérant qu’elle parle d’amour / Je crois que, peut-être / Séchée près du brasero / L’encre un jour redeviendra des mots ». Une des grandes chansons de ce nouvel opus.

Seul titre tiré du passé : La terre de Picardie (c’est au moins la quatrième fois que Bruno Brel grave cette chanson sur disque). A cette exception près, donc, c’est enfin un CD original, fait d’une matière neuve. Qui correspond à une embellie, presque un retour de flammes, pour Brel : va-t-on savoir pourquoi et comment, lui qui désirait mettre son activité de chanteur presque en sommeil pour se consacrer plus encore à l’écriture de romans voit son carnet de commande singulièrement prendre du volume. A nouveau on le demande ici et là, de partout. Vous me direz qu’il est temps qu’on reconnaissance son évident talent, sa présence en scène. Une tradition familiale bien établie.

Onze textes de Bruno Brel et un, inédit, d’Allain Leprest. Flamme (qui, cette fois au pluriel, donne son titre à l’album) fut offert par l’auteur de Mont-Saint-Aignan à Bruno Brel un an et demi avant sa disparition. Il rejoint l’impressionnante liste des inédits de l’Allain aux deux « l ». « Comme dit mon pote Romain : vague à l’homme, vague à l’âme / On claque la porte, et puis, un rien groggy, K.O / On se r’trouve rue Machin devant les yeux d’une dame / En oubliant l’chaos qu’on laisse derrière soi / Et c’est p’t-être pour ça, pour ça / Qu’on re-déclare sa flamme / Sa flamme ». Pour ceux qui rêvaient d’accoler les noms de Brel et de Leprest, c’est désormais chose faite, presque par hasard : simplement par voisinage, par cousinage, par amitié, la main sur l’épaule. Et Brel de surenchérir dans une autre chanson, Ta main sur mon épaule, et d’à son tour raconter son Leprest, lui qui toujours s’était tu à ce sujet : « Dans la famille ils sont contents / Ils ont des sourires plein les dents / Encore / Personne ne savait ce jour-là / Qu’on apprendrait la prochaine fois / Ta mort / Je sens toujours sur mon épaule / Une force tendre qui me frôle / Ta main /Mais c’est si bien de te savoir / Et se dire qu’on va se revoir / Allain ».

 

 

Bruno Brel, Flammes, Bruno Brel/Disc ambiance 2017. Le site de Bruno Brel, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit de lui, c’est là. Bien que co-produit par un label, ce disque est sans distribution. On le commande directement chez l’artiste.

Tags : Bruno BrelNouvelles
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Commentaires 1

  1. Michel says:
    il y a 9 ans

    Je viens de l’acheter à la Fnac Toison d’Or (Bruxelles). Ils en ont une bonne quinzaine d’exemplaires, bien en évidence en tête de gondole. À bon entendeur …

    13 avril 2018

    Reply

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