NosEnchanteurs
  • QUI CHANTE CE SOIR ?
  • REVUE HEXAGONE
  • Se connecter
  • Déconnexion
bannières
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
Nos Enchanteurs
Aucun résultat
Afficher tous les résultats

Louis Ville, l’écchymose des mots

denosenchanteurs
20 novembre 2015
dans Lancer de disque
2

louis ville« Dehors la mer s’était tue, plus d’écume, plus de tumulte […] Dehors les hommes survivaient. » C’est chaque fois pareil : découvrir un nouvel album du vosgien Louis Ville, qui plus est en ces jours poisseux, douloureux, d’après carnage, est une expérience en soi. Mais on sait Ville, on tend l’ouïe et c’est sans surprise, si ce n’est que c’est terriblement beau. Sans surprise vous dis-je. Prenant. Sa chanson est supplique, souffrance, d’une indicible et charnelle beauté, d’une tension organique. Qu’on ne peut écouter distraitement, tant le chant déchirant de Ville prend tout l’espace, obsède et tourneboule vos sens, les tord comme on le ferait nerveusement de trombones sans coulisses : lui vous happe, vous vampirise de cette voix écorchée, blafarde, qui sue la détresse et saigne ses mots. Ville va dans le dedans des choses, en nos bas-fonds, nos cours des miracles, les sondent, leur tire des vers du nez : ça fait parfois des choses jolies, parfois d’un glauque infini. Il n’inspire pas la joie le Ville mais fait du pas gai, du Blablabla, du trop plein, du trop moche, du con qui se cache en lui comme en chacun de nous, une ode, une longue, doucereuse mais savoureuse complainte. D’où toujours surgit l’amour, même enlisé « dans le sable mouillé », qu’il rue dans les artères de la ville ou tournoie dans Le bal des fous. Ville a sa Jeanne comme hier Brel avait sa Frida : « Et puis surtout y’a Jeanne / Des fleurs plein les mains / Qui jamais ne se fane / Ma rosée du matin / Et moi je l’aime ma Jeanne. »

Si un certain la nuit mentait, lui La nuit, j’ose : « Et je chevauche des plaines endormies / Et j’écchymose des fesses aplaties / Et la nuit, la nuit vient. » De quelle encre, jamais seiche, est trempée sa plume ? Du noir et quelques valeurs de gris, du tourment, de furtifs instants de bonheur et de sexe, d’une désespérante lucidité, de l’observation de l’autre et de retour sur soi, de boniments…

Louis Ville, ça finira par se savoir un jour, est un artiste des plus impressionnants qui soient. Prodigieux et puissant, incontournable pour qui le rencontre un jour, une nuit. Cinquième album en quinze ans, cinquième pavé. Cette fois partagé avec ses « prédicateurs » que sont Pierre le Bourgeois au violoncelle et François Pierron à la contrebasse, fins archers qui ont plus d’une corde à leurs doigts, épousant de leur talent la dramaturgie et les tourments qui habitent en Ville, en ses banlieues.

 

Louis Ville… et les prédicateurs, Le bal des fous, Balandras/EPM/Universal 2015. Le site de Louis Ville c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, c’est là. 

Tags : Louis VilleNouvelles
nosenchanteurs

nosenchanteurs

Article suivant
État d’urgence : selon que vous serez puissant ou misérable

État d'urgence : selon que vous serez puissant ou misérable

Commentaires 2

  1. Gallet says:
    il y a 11 ans

    Louis Ville, sans surprise dites-vous… pour moi si…Je découvre quelqu’un ! J’apprécie et partage votre enthousiasme .
    Je découvre Louis Ville, comme j’avais découvert Loïc Lantoine, tous les deux accompagnés par François Pierron, et sa contrebasse percussive. C’est beau !
    JPaul Gallet

    Reply
  2. Danièle Sala says:
    il y a 11 ans

    « indicible et charnelle beauté, » , oui, « prodigieux et puissant », oui, c’est beau, c’est fort, mais pas sans surprise ! Je l’ai trouvé espérant cet album, où l’on sent la métamorphose de ce  » piètre marin » ce « déclencheur de tempête  » , qui se souvient joyeusement de la rue de son enfance, et qui se rend à l’amour  » je m’échoue à tes pieds, je t’aime tu sais  » .

    Reply

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oscar fou « Les bêtises »
La Chanson du Jour

Oscar fou « Les bêtises »

J'ai des bêtises plein la têteQui font toc toc pour sortirIl y en a tellement que ça m'embête. Je sais...

Suite...Details
La Chanson du Jour

Claire Denamur « Rien de moi »

Des années déjàQue je ne me vois pas,Je ne sens plus rien,Plutôt Mon corps n'abriteRien de moi, petite,Rien ne m'accrédite,Plus ...

Catherine Laugier

Rémo Gary « Les oiseaux de passage »

C'est une cour carrée et qui n'a rien d'étrange :Sur les flancs, l'écurie et l'étable au toit bas ;Ici près, ...

Les six de Mauvais (photo non créditée)
L'Équipe

Le vent Mauvais nous portera

Les six de Mauvais (photo Mauvais) Prendre « Mauvais » comme patronyme, faut oser ! C’est ce qu’a fait un groupe liégeois, qui ...

Catherine Laugier

Philippe Fourel « Les fleurs mauves »

Il lui cueille des fleurs mauvesAutour des lèvres et des yeuxQu'elle maquille comme elle peutEn accident de salle de bainsOu ...

La Chanson du Jour

Billie « Sangtimentale »

Le jour s'est levéSur ma peau iriséeJ'ai senti la morsure du jour qui m'éveilleJe ne m'étais jamais, jamais, au grand ...

Catherine Laugier

Ava’s Verden « Allo »

Allo ? (...)Je sais pas comment te direComme une envie de réécrireLes classiques et les J'aime lireDe casser ma tirelireJ'essaie ...

Louis Arlette (photo Clément Puig)
L'Équipe

Louis Arlette, new beat generation

Louis Arlette (photo Yann Orhan) L’album s’ouvre sur une chanson de sexe et de désir. A moins qu’il ne s’agisse ...

C'était au temps où le festival Paroles et Musiques aimait et défendait la chanson
En scène

Adieu paroles, adieu musiques

C'était au temps où le festival Paroles et Musiques aimait et défendait la chanson (photo MK) Il y a vingt-huit ...

L'Équipe

Yves Jamait comme en concert, l’atmosphère en moins

Les fans d'Yves Jamait attendaient ce CD de la tournée Je me souviens avec impatience, pour au moins plusieurs raisons. ...

En scène

Wriggles d’amour

Ils furent cinq (puis trois) diables rouges de la chanson. Les Wriggles, le sait-on, c’est terminé, fini, disloqué, séparé, coulé… ...

NosEnchanteurs

Nous contacter

    • Mentions légales
    • En scène
    • Interviews
    • Lancer de disque
    • Les événements
    • Pour les mômes
    • Saines humeurs
    • Thématique
    • Nos Conférences

    © 2026 NosEnchanteurs

    Content de te revoir !

    Connectez-vous à votre compte ci-dessous

    Mot de passe oublié ?
    S'inscrire

    Créez un nouveau compte !

    Remplissez les formulaires ci-dessous pour vous inscrire

    Tous les champs sont obligatoires.
    Se connecter

    Récupérez votre mot de passe

    Veuillez saisir votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail pour réinitialiser votre mot de passe.

    Se connecter

    Ajouter une nouvelle playlist

    Aucun résultat
    Afficher tous les résultats
    • Accueil
    • En scène
    • Articles
    • Bibliographie
    • Récompenses
    • Portfolio
    • Archives

    © 2026 NosEnchanteurs