NosEnchanteurs
  • QUI CHANTE CE SOIR ?
  • REVUE HEXAGONE
  • Se connecter
  • Déconnexion
bannières
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
Nos Enchanteurs
Aucun résultat
Afficher tous les résultats

De l’universalité réduite à sa plus simple expression, de la sonnerie et de la trébucherie conjuguées, grandeur concomittente d’Allah et de Chantal Goya

denosenchanteurs
26 octobre 2013
dans Merci Collègues !
4
Michel Boutet avec Alain Sourigues (photo DR)
Michel Boutet (à droite) avec Alain Sourigues (photo DR)

par Michel Boutet (chronique proposée le 2 octobre 2013 aux auditeurs de l’émission « On est là pour voir le défilé », sur Radio G (101.5 à Angers) qui recevait, ce jour-là, Jacques Bertin)

 

Dans le débat qui m’oppose à moi-même sur l’état de la chanson française, plusieurs questions me tarabustent dès qu’elles ont cessé de me turlupiner. C’est vous dire si je vole souvent dans des zones de turbulences !

Une de ces questions est la suivante : la chanson française, qu’on nomme ainsi depuis qu’on veut la contraindre à une certaine réserve, comme disent les Sioux et les Comanches,  la chanson française, donc, survivra t’elle à Philippe Val et ses nombreux clones  qui président aux destinées de la radiophonie dans notre beau pays de France ?

J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer ici mon agacement à propos de ces thuriféraires zélés d’une chanson de variété qui ne varie jamais quant à son seul intérêt : celui pour le pognon.

J’ai déjà dénoncé leur dévotion douteuse à l’endroit d’une langue, superbe à bien des égards, mais qui, pour le sujet qui nous occupe, la chanson, est surtout la langue archi-dominante, la langue universelle à un point tel que ça fleure bon le colonialisme le plus indécent. Accessoirement, c’est aussi la langue du business.

J’ai, par ailleurs, déjà dit ici combien je vénérais cette langue chère à Shakespeare quand elle était défendue par des gens qui savent la parler, l’écrire, la chanter, pour en faire de la poésie, de la musique. Et pas seulement du dollar.

S’énerver tout seul dans son coin est une forme d’onanisme dont je crains qu’il ne me rende un peu plus sourd que je ne le suis à force d’écouter ces antennes qui me cassent les oreilles. «Calme-toi, mon Michel ! » que je me suis dit. « Et écoute un peu leurs arguments. »

Parce que ça a des arguments, ces engeances-là. Par exemple, après s’être gaussé de la ringardise de ceux qui ne pensent pas comme eux, ça peut pérorer longtemps sur la nécessité qu’il y a à s’ouvrir aux artistes étrangers, aux musiques du monde, aux arts populaires dans leur universalité.

Et c’est là que nous découvrons que « universel » se dit « anglophone » en langue moderne. Puisqu’au nom de cette ouverture, ils ne leur viendraient pas à l’idée de nous proposer des chansons en russe, en chinois, en langue khoï, en bekwel, en ju’hoan,  ou en patois poitevin !

Et savez-vous pourquoi, chers amis ? Eh bien, c’est pour une raison incontournable, une évidence aveuglante, une vérité enfin révélée qui est celle-ci : l’anglais, ça sonne !

« L’anglais, ça sonne ! » mérite une place de choix dans le dictionnaire des poncifs. Ça tient son rang face à : « L’accent québécois est pittoresque !». Ça peut côtoyer sans rougir : « L’allemand est guttural !». Et ça pourrait faire trembler : « Le mandarin est complexe dans ses tonalités ! ».

Et dans la bouche, sinon dans la pensée, de ces décideurs éclairés, le corollaire de « L’anglais, ça sonne !», c’est « Le français, ça ne sonne pas ! »

Et je suis bien heureux de vous l’apprendre, mon cher Monsieur Bertin. Car cela fait quarante ans que vous ne tenez aucun compte de cette vérité quasi biblique : le français, ça ne sonne pas ! Cela fait quarante ans que vous vivez dans l’obscurantisme en vous acharnant à faire chansonner des mots dont on vous dit qu’ils ne chansonneront jamais ! En quelle langue faut-il vous le dire ?…

Jacques Bertin (photo DR)
Jacques Bertin (photo DR)

En quelle langue faut-il vous le dire qu’il faut que vous chantiez en anglais ? Ressaisissez-vous, Monsieur Bertin, si vous voulez pouvoir fréquenter un jour Didier Varrod et André Manoukian, ces experts auto-proclamés en chanson audible et inaudible.

Allez, Monsieur Jacques, je vous le dis en toute amitié :  passez à l’anglais, comme on passe à l’ennemi, ou alors passez votre chemin !

Et à l’occasion, transmettez le message à tous ces ignorants qui se commettent depuis des lustres dans des chansons « qui ne sonnent pas » : Aznavour et son « Feutre taupé », Charles Trénet, Francis Blanche et leur « Débit de l’eau, débit de lait », Serge Gainsbourg et ses « Goémons », Claude Nougaro et l’ensemble de son œuvre, Michel Jonasz quand il chante « Doucement ». Et pour ne pas humilier plus que de raison leur famille, j’éviterai de m’étendre sur les cas indéfendables de Messieurs Arno, Laffaille, Tomislav, Niobé, Gary, Morel (Gérard et François) et autres Desjardins ! Je n’oublie pas la gent féminine… dont je ne peux que dénoncer le penchant coupable pour la langue française. N’est-ce pas, Mesdames Sylvestre, Bernard, Pestel, Solleville et autres Juliette ?

Pour conclure, Monsieur Bertin, permettez-moi de revenir à vous et de dire aux auditeurs qui nous auditent que, en 1980, vous aviez fait un effort louable, le seul à ma connaissance, pour vous rapprocher de la langue de Madonna, avec une chansonnette de la plus belle eau qui se nommait « Goût d’ail » et dont le souvenir devrait vous inciter à poursuivre : « I don’t know where i’m taking you, where we’ll get to !… » Ça t’a quand même une autre gueule !…

Et c’est ainsi qu’Allah est grand et que Jean-Jacques est debout !

Tags : Michel BoutetNouvelles
nosenchanteurs

nosenchanteurs

Article suivant
Céline Caussimon, pas dans l’sens de la marche

Céline Caussimon, pas dans l'sens de la marche

Commentaires 4

  1. Norbert Gabriel says:
    il y a 13 ans

    On peut aussi ajouter Nino Ferrer qui a bien fait sonner la langue de chez nous, autant avec des chansons gags qu’avec des textes très élaborés. Et même patriotiques…
    http://www.youtube.com/watch?v=vYDmTZ_LjlY

    Reply
  2. Vivi-Anne says:
    il y a 13 ans

    Et bien, j’ai bien rigolé. Merci Monsieur Boutet.
    Et vive la langue à nous, celle-là, ils ne nous la piqueront pas !!

    « Sur mon chemin de mots
    J´en ai vu de si beaux
    Que j´en délire
    Sur mon chemin de mots
    J´en ai vu de si beaux
    Que je ne saurais dire… » (Anne Sylvestre)

    Reply
  3. Kaly says:
    il y a 13 ans

    Merci, Michel, pour ces pertinentes paroles qui, publiées ici, font l’effet d’une piqûre de rappel ; or, si tout a déjà été dit je crois, au moins dans les grandes lignes, sur ce vaste sujet, et c’est sans doute le cas chez Nos Enchanteurs, toute nouvelle contribution enrichit pourtant le débat. Et c’est le cas avec ta formulation qui ne manque ni d’originalité ni de piquant !

    Cet argument, “le français ne sonne pas”, a toute l’allure d’un Bon Mot Creux destiné à briller en société, de ce quelque chose qu’on dit pour faire de l’épate quand on n’a rien à dire.

    J’aime la langue de Shakespeare, qui est aussi celle de John Lennon, des Beatles, de Simon et Garfunkel et de plein d’autres que je peux avoir très grand plaisir à écouter (mais je ne suis une inconditionnelle d’aucun d’entre eux) et j’ai même pas honte de citer des grands noms du show-biz, à cause de certaines de leurs productions qui me font planer : c’est pas parce qu’on est dans l’industrie du disque qu’on est mauvais. Mais j’aime aussi d’autres langues, chacune a sa propre saveur, chacune a sa façon de sonner. Je ne connais aucun idiome que je ne désirerais pas entendre, dont je ne voudrais pas écouter les particularités : j’adore la musique que représente pour moi une langue dont j’ignore tout. Mais l’approche en est différente car j’accorde aussi une grande importance au texte. Il me faut trouver la traduction d’un texte s’il m’intéresse. Je peux donc dire que je m’intéresse à la chanson “à textes” plutôt qu’à la chanson “francophone”.

    Je n’ai pas terminé : merci aussi, Michel, de m’avoir fait découvrir ce bijou de Jacques Bertin, à savourer sans modération, “goût d’ail”. On le trouve ici :
    http://www.youtube.com/watch?v=GoZRcALpt6w

    Et je n’ai trouvé malheureusement qu’un extrait de ce texte délicat :
    « Ail,
    Goût d’ail, goût d’ail,
    Sale ail,
    Goût d’ail dans c’t’Illyouchine,
    goût d’ail,
    Sale ail,
    Où est l’ail ?
    Où est l’sale ail ?
    Est-ce l’hôtesse ou l’thé qu’elle donne ?
    Est-ce la digne si coite matrone
    Qu’a les moules ? Ou est-ce l’haleine
    De c’toubib oisif
    Qui traque l’oubli où ? »

    La suite, je l’ai transcrite comme j’ai pu, mal, je sais :
    « ouais goût d’ail ail fort
    sale ail
    ou p’têt’ t’est-ce que le goût d’ail émane
    de la miss ana qui couine
    ou celle qui youe
    de ce type qu’a la gale qu’a la gale
    qu’aime l’ail
    sale goût d’ail goût d’ail fort
    goût d’ail doux
    goût d’ail dit
    goût d’ail doux
    qui dit goût d’ail itou
    si t’attises l’ail qu’hésite
    si t’allumes l’ail tout pète »

    Là, il m’en manque un gros paquet, d’ail, et la fin, la voilà :
    « c’est qu’c’est pas gout d’ail qui s’dit mais odeur d’ail
    o-o-deur d’ail »

    J’ai presque fini cette fois : je ne te connaissais que de nom, Michel, et j’ai eu le privilège et l’immense plaisir de t’ouir sur la scène de Bourg en Bresse lors de la fameuse Jubilation de Rémi-Rémo. Tu ne perds rien pour attendre, je te retrouverai quand l’occasion se présentera, et de nouveau j’aurai un très grand plaisir à faire partie de ton public.

    Reply
  4. Danièle Sala says:
    il y a 13 ans

    Merci pour cette chronique aux mots sonnants mais pas trébuchants . Et vive les belles chansons dans toutes les langues, celle que j’entends le mieux étant le français .

    Reply

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oscar fou « Les bêtises »
La Chanson du Jour

Oscar fou « Les bêtises »

J'ai des bêtises plein la têteQui font toc toc pour sortirIl y en a tellement que ça m'embête. Je sais...

Suite...Details
Catherine Laugier

Guillaume Ledent « Et puis après »

T’as été très beau et làT'as été grand et puis voilaT'as été très loin, t’aimes çaVers du plus vert, vers ...

Saines humeurs

Chanter en novlangue…

Armons-nous de mauvaise foi et enfonçons le clou. Pourquoi les jeunes chanteurs et nouveaux groupes francophones s’expriment-ils majoritairement en anglais ? ...

Catherine Laugier

Soan « A tire d’aile »

©Estelle Smikie ...Compagnons d'armes ou de dérouteSi tu m'entends pardonne-moiPardonne-moi j'émets des doutesAu sujet de la route de làA tire ...

(photo Patrick Engel)
Hommage

Gainsbourg, 5 bis rue de Verneuil

(photo Patrick Engel) Rue de Verneuil, nous y voilà. Enfin.   Depuis le temps que nous attendions l'ouverture au public de l'antre ...

La Chanson du Jour

La Chanson du dimanche « Petit cheminot »

J’arrive à Paris à l’aéroport, je prends le train... c’est pas possible. Pourquoi?J’arrive à Paris à l’aéroport, je prends le ...

Documents Compagnie Rêves de Bouh
L'Équipe

Les berceuses pour dormir de Bouh

Documents Compagnie Rêves de Bouh Ça commence par le tic-tac d’une horloge, puis par l’arpège d’une guitare, celle de Marcelo ...

Catherine Laugier

Leïla « La mousse »

C'était pas leur sourire, non c'était pas leur voix, Pour certains leurs manières, leur diction, leur émoi.J'aurais aimé les voir dans ...

Catherine Laugier

Phanee de Pool « Bâton vanille »

Tourne, tourne le disque dans ma têteSi le vacarme avait une mélodieCe serait celle-ciParlent, parlent mes pensées muettesQui s'évadent de ...

Cisalpipers (photos Julien Manevy, PhotoGraphix)
En scène

Roches Celtiques 2017. Cisalpipers, Italiens en terres d’Irlande

Cisalpipers (photos Julien Manevy, PhotoGraphix) De longues capes vertes, des coiffures et tenues suggérant des temps anciens, de possibles troubadours, ...

La Chanson du Jour

Valérie Lagrange « Faut plus me la faire »

Je suis allée au nord, je suis allée au sud Je suis allée à l'est, je suis allée à l'ouest ...

NosEnchanteurs

Nous contacter

    • Mentions légales
    • En scène
    • Interviews
    • Lancer de disque
    • Les événements
    • Pour les mômes
    • Saines humeurs
    • Thématique
    • Nos Conférences

    © 2026 NosEnchanteurs

    Content de te revoir !

    Connectez-vous à votre compte ci-dessous

    Mot de passe oublié ?
    S'inscrire

    Créez un nouveau compte !

    Remplissez les formulaires ci-dessous pour vous inscrire

    Tous les champs sont obligatoires.
    Se connecter

    Récupérez votre mot de passe

    Veuillez saisir votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail pour réinitialiser votre mot de passe.

    Se connecter

    Ajouter une nouvelle playlist

    Aucun résultat
    Afficher tous les résultats
    • Accueil
    • En scène
    • Articles
    • Bibliographie
    • Récompenses
    • Portfolio
    • Archives

    © 2026 NosEnchanteurs