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Les Tit’Nassels, auprès de leur arbre

deMichel Kemper
22 juillet 2026
dans En scène
0

 

Dans le parc du château d'Aurec-sur-Loire (photo MK)
Dans le parc du château d’Aurec-sur-Loire (photo MK)

18 juillet 2026, festival MurMurs à Aurec-sur-Loire (43),

 

Dans le parc du château d’Aurec, il y a ces arbres impressionnants, des Wellingtonias géants. Et cet autre, ce cèdre du Liban reconnu « arbre remarquable », d’une hauteur de vue hallucinante. Vu de sa cime, les chanteurs doivent être tout petits, minuscules même. « Auprès de mon arbre, je vivais heureux » chantait un certain. Eux, Axel et Sophie, c’est sous ce monument végétal qu’ils chantent ce soir. Et sont heureux. Devant un parterre nourri, trois à quatre cent personnes, de toutes générations, du bambin à l’ancêtre. Un public familial, de proximité. Certes le concert est gratuit mais, au même moment, dans la télé, y’a France-Angleterre. Et ils sont pourtant là.

Axel et Sophie, ce sont les Tit’Nassels, venus des environs de Roanne, dans le département voisin. Depuis longtemps ils sont quatre mais là, ce soir, c’est la moitié de l’effectif, juste le binôme d’origine, tel qu’ils sont nés il y a vingt-huit ans sur l’étroite scène du Théâtre de poche, à Saint-Étienne, à pas trente bornes d’ici.

Le concert est bon enfant, parsemé de quelques titres inédits qui ne sortiront en disque (leur douzième) qu’en septembre. Depuis toujours ces deux-là sont complices, qui aiment à se taquiner tout le temps. Lui l’appelle « maman ». Quoi qu’il dise, invariablement elle répond toujours « pareil ». C’est tendrement jovial.

Au bout de quelques titres, on pourrait se dire que c’est joli et gentil, bien consensuel, de quoi ravir cette assistance qui, pour beaucoup, ne les connaît pas. Du pas bien farouche…

Et, d’un coup, d’une chanson, ils se révèlent tels qu’ils sont, naturels, spontanés, vrais. On dira courageux au prétexte qu’ils chantent leur détestation de Marine Le Pen. Chantent et de surcroît commentent à propos de cette dame et du RN, qui n’ont pas changé : « Ce sont toujours les mêmes salopards, faut pas l’oublier ! » Axel de nous dire qu’en d’autres lieux, des spectateurs se sont levé à ce moment précis, ont quitté la salle. Là non. Ce n’est pas l’enthousiasme non plus, mais on ne quitte pas sa chaise alors qu’il n’y en a déjà pas assez pour tout le monde.

Puis, tout en citant Vian et Renaud, nos deux enchaînent sur leur version à eux du Déserteur, à l’adresse du président Macron, nouveau réquisitoire sévère contre notre va-t-en guerre.

C’est un duo bienveillant, qui justement chante pour remédier au manque de bienveillance de ce monde. Qu’ils fustigent en conséquence : « Soixante millions de moutons, en route vers la même direction / Papotent, chipotent, radotent le même air / Piétinent, tranquilles, le siècle des lumières ». Et c’est un public tout aussi bienveillant qui semble apprécier, applaudit, même si une partie du répertoire le met, nous met, en accusation. Les chansons des Tit’Nassels sont un miroir à peine déformant dans lequel on ne peut que se reconnaître.

N’allons pas divulgâcher les nouvelles chansons, nous en reparlerons prochainement. Sachez qu’il y a des pépites dedans. Comme ce titre sur Les Autres, possible « tube » avec lequel il ont débuté ce concert. Avec aussi cet autre, émouvant, sur Le Temps qu’il me reste, comme un sablier qui, imperturbable, s’écoule : « T’en voudrais combien, du temps qu’il te reste ? ». Ou encore Le Prochain train, pour « regarder les gens s’en aller / toujours plus loin »…

C’est avec une chanson du groupe québécois Les Cowboys Fringants qu’ils nous quittent, la nuit tombée, sous ces projecteurs qui rougeoient les basses branches de l’immense cèdre, insolite chapiteau d’un concert forcément unique.

 

Le site des Tit’Nassels, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs a déjà dit d’eux, c’est là.

« La Ballade des imbéciles heureux » : 

« Soixante millions de pigeons » : 

Tags : Les Tit'NasselsNouvelles
Michel Kemper

Michel Kemper

Michel Kemper. Auparavant journaliste au Progrès et à Chorus, crée en 2009 NosEnchanteurs d’abord en solitaire avant de constituer une équipe rédactionnelle. Auteur d’une dizaine d’ouvrages sur la chanson (dont Les Vies liées de Lavilliers, Si Sarkozy m’était chanté, Écrits & Cris, Mes nuits de concerts sont plus belles que vos soirées télé, et des livres sur Renaud et Hallyday), il est aussi un conférencier apprécié.

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