(…) On avait dit, les génocides,
Plus jamais ça !
Le samedi, on le décide,
Plus jamais ça !
Mais le dimanche on extermine
Et l’on fait sauter les gamines
À la marelle, sur des mines :
On remet ça.
On avait dit, après Pol Pot,
Plus jamais ça !
C’était le dernier des despotes,
Plus jamais ça !
Mais les disciples se dispersent,
On en retrouve jusqu’en Perse,
En attendant qu’on les renverse :
On remet ça.
Quant aux batailles de naguère,
Plus jamais ça !
Les boutefeux, les va-t-en-guerre,
Plus jamais ça !
Sort de sa boîte un hystérique
Qui brandit la Bible et la trique,
Un homme des bois d’Amérique
Nous remet ça. (…)
Jean Duino
Paroles et Musique Jean Duino. Extrait de l’album « Époque épique » 2013
Qui croirait que cette chanson n’a pas été écrite hier, dans un coup de colère et de désespoir ? Non, en douze ans, on continue à remettre ça et de plus belle, de façon exponentielle.
Emprunté à Léo Ferré pour son titre, pour le fond cet album élargit beaucoup le sujet. Quand Léo s’en prenait à l’évolution des goûts qui oubliaient notre patrimoine culturel pour des chansons idiotes, Jean Duino évoque tout ce qui s’aggrave dans notre époque au niveau de la politique, les régimes totalitaires, les guerres, le racisme, les génocides, les catastrophes écologiques, la santé…
Il arrive malgré tout à traiter ces sujets difficiles avec poésie – ses mots sont un régal – humour et humanité, nous appelant à l’indulgence dans une prière très brassenienne, et nous laissant le bleu de l’espoir, sur des musiques qui bercent et font du bien, dans cet album qui fut dédié à Georges Moustaki qui avait une démarche semblable. On y trouve également une très douce chanson d’amour pour sa Gatou, qui avait illustré l’album.
Relire l’article de Michel Trihoreau pour NosEnchanteurs et réécouter les titres ici. Pour acheter l’album, c’est là.










![Dans l'anthologie des chansons carrément puantes, celle du « Rital » Claude Barzotti, La France est aux français, vaut son pesant d'or. On la trouve sans mal sur les moteurs de recherche, y compris chez les néo-nazis et les bleus Marine (cf partisansmarine.com, site qui affirme même à tord que Barzotti aurait fait de la prison pour cette chanson, alors que les rappeurs sont laissés en liberté [on connaît la chanson!]...). Jamais commercialisée, a priori jamais interprétée en scène, cette chanson immonde ferait partie d'une comédie musicale, Les Nouveaux Nomades, écrite par Barzotti en 1999, à ce jour jamais montée. Mais pré-enregistrée comme vingt-sept autres chansons de cette comédie musicale où il y aurait neuf personnages : des bons, des gentils et des crapules. C'était le rôle d'une des crapules d'interpréter cette chanson. Reste que l'enregistrement s'est fait la malle et se balade sur la toile, un peu comme les enregistrements malencontreusement perdus de Patrick Buisson. Cette chanson vit sa vie autonome, désormais pièce de choix de l'anthologie des chansons d'extrème-droite. Et de la droite extrème. Pour s'en faire une idée, un simple extrait :
Vous êtes toujours là
A rôder comme des rats
Toujours à trafiquer
A rien faire, à traîner
Vous polluez la France
Et c'est qui, qui finance ?
Chômedu et RMI
Ça sort d'la poche à qui ?
De la poche à Ducon
Et Ducon il en a marre
D'entretenir les p'tits cons
De payer leurs pétards
Barrez-vous, cassez-vous
Retournez donc chez vous
Vous foutez la pagaille
Il n'y a plus de travail
Barrez-vous, cassez-vous
On a déjà donné
Du balai, du balai
La France est aux Français
Aux Français !](https://nosenchanteurs.fr/wp-content/uploads/2014/04/hqdefault-350x262.jpg)


