NosEnchanteurs
  • QUI CHANTE CE SOIR ?
  • REVUE HEXAGONE
  • Se connecter
  • Déconnexion
bannières
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
  • Accueil
  • En scène
  • Articles
  • Bibliographie
  • Récompenses
  • Portfolio
  • Archives
Aucun résultat
Afficher tous les résultats
Nos Enchanteurs
Aucun résultat
Afficher tous les résultats

Nesles, l’irrégulier bizarre

deAgnès André
21 mai 2025
dans Agnès André, Lancer de disque
0
Nesles Photo Richard Dumas
Nesles Photo Richard Dumas

Par quel bout prendre la perle Nesles ? On sent ce Barocco, cinquième album du « dandy glacé », organiquement peuplé : animal (Antilopes), floral (1976 et Canon-fleur) — de lumières dans la nuit (Quelque chose brille), d’intertextes surtout et de mots endémiques.

Enfin, il faut le dire, nous voilà un peu paumés au seuil de ce premier titre, manifeste Beckettien (on le découvre après), électro-mystérieux, ultra bashunguien, d’où se devine à peine audibles des auto-impératifs (« Marche / Prends ton carnet / Répète / Recommence… ») : plus percutants sur la page. Ce n’est qu’au troisième titre que notre oreille décolle, happée par les notes égrainées d’une guitare folk et ce refrain, précautionneusement distillé — « Même à la mine / même à la mine / quelque chose… brille ». On accroche.

Et les images fusent. S’ouvrent comme des fleurs qui bordent notre quotidien mais dont on ne connaît le nom, mystérieuses et familières. La langue est de répétition— mimant le déroulement de la parole (« Ça te dit / Ça te dirait / de t’allonger là contre moi ? » Canon-fleur) — et de polysémie : « moloko »(1)–molotov répond au canon-fleur du titre, etcétéra. Tout fait ainsi sens, tout nous parle — tout en restant étranger (ou vice-versa ?) : les Antilopes convoquent à la fois Il fait nuit en Amérique d’Ana Vaz et L’homme rapaillé de Miron ; la mine rappelle Berline de Céline Righi…mémoire personnelle bien sûr : les images fusent. Des fois même, l’image d’une autre époque prend le dessus.  « L’Agfa chrome » révèle la chanson comme un tirage argentique…

NESLES 2025 Barocco 30 mai 350x348Notre imaginaire ne ferait bien que barboter joyeux dans ce cabinet de curiosités, d’ailleurs bien agrémenté côté zoo d’instruments électro : thérémine, mellotron, synthétiseur moog… — si ce n’était aussi l’art de la formule. Nesles affectionne (entre autres) l’impératif et nous fait penser à Dimoné : ça resserre les images, ça donne du mordant ! « Monte à bord / serre les fesses », à première écoute on embarque direct sur le Panamerican express, comme une réplique au Scenic Railway de Gainsbourg… D’autres agacent comme ce « rien à foutre » d’une Anatomie (amoureuse), qui paraît un peu facile, mais il faut aller cueillir ailleurs, là où « c’est délicat / de pratiquer une autopsie / là comme ça ». Les sentiments s’expriment semble-t-il dans les contours de ces mots indigènes, « grenaille / et chiures de mines », comme dans Carquois (qui nous refait diablement penser à Madame Blanche, ce disque amoureux de Dimoné), dernier titre dont l’atmosphère guerrière se berce aux chœurs de la voix de Blaubird.

Il y aurait encore de quoi déplier à l’infini les strates qui composent cette nouvelle perle de Nesles (délicat, cette autopsie, ah oui !) : c’est unique, c’est en couches concentriques, ce cinquième album de celui qui foule aussi les sols parisiens, ceux de la Manufacture Chanson (2) où on aura pu le voir œuvrer, par ses chansons où celles d’autres (les fameuses soirées Walden).

(1) Lait –  (2) À 43 : 00

 

Nesles, Barocco, Walden Musique, 30 mai 2025. Sa page Facebook, c’est ici. Ce que Nos Enchanteurs a déjà dit de Nesles, c’est là

« Anatomie » 

Tags : NeslesNouvelles
Agnès André

Agnès André

vit, écrit, traduit à Veynes. Un lieu qui l’a menée à la chanson et à parler au passé surcomposé. Elle aime Gaston Miron, Dorothy Parker, les poireaux et la chanson des bonbons de Jacques Brel. Sa recherche ultime n’est pas celle du temps perdu mais du mot juste.

Article suivant
jean, bizarre ces chansons « joyeusement dépressives » !

jean, bizarre ces chansons « joyeusement dépressives » !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oscar fou « Les bêtises »
La Chanson du Jour

Oscar fou « Les bêtises »

J'ai des bêtises plein la têteQui font toc toc pour sortirIl y en a tellement que ça m'embête. Je sais...

Suite...Details
Catherine Laugier

Angelo Branduardi « Coquelicot dans la récolte »

Chaudes nuits des étés passés tu as grandi déjà Les grands feux se sont allumés au lit des champs couleur ...

Catherine Laugier

Romain Humeau « Paris »

  Paris, palanquin des larmesJ't'aime bien toujoursJ't'aime bien toujoursAraignée cathédraleRésignée, Notre Dame se voûteSur fleuve pas coolMarine: Bouarram, Oussekine, tu ...

Catherine Laugier

Dimoné « Pas connu »

©Marc Ginot Pas connu pas connu la guerrePas connu Pas connu pas connu ton pèrePas connu Pas connu le soldat inconnuEt que ...

Catherine Laugier

Jules & Jo « Boule de cristal »

(...) il fait noir il fait saledans la boule de cristalon ne voit pas le boutnada que dalle wallouil fait ...

Catherine Laugier

Yves Jamait « Carcasse »

(...) J'ai commencé par deviner En arrivant vers  quinze, seizeÀ sentir un certain malaise Qu'on n'était plus bien accordéesToujours on se ...

Catherine Laugier

Loïc Desplanques « Ça va »

Salut, ça va ?Ça va, et toi ?Pas pire, pas mal,Ma foi, normal.Ben moi, aussiComme un lundi'Fin bon, tu vois ?Ouais ouais je ...

Festivals

Gauchy 2013 : Entre 2 Caisses, l’Allain et l’père Youssef

C'est Leprest et c'est pas triste ! (photo Emilie Polak) Entre 2 Caisses « Je hais les gosses », 6 février 2013, ...

Michel Fugain, au sommaire du n°91 de Vinyl (photoDR)
Biblio

Vinyl, s’il doit n’en rester qu’un…

Michel Fugain, au sommaire du n°92 de Vinyl (photo DR) Le siège social est sis rue des Menus-plaisirs, ça ne ...

Non classé

Christian Paccoud, juste la vie !

Dans le showbiz, on fait parfois des coups. Pas Paccoud. Ou alors ce sont des coups dans la gueule, dont ...

Lancer de disque

Raymond Devos : le déplaisir du son fait-il le plaisir des sens ?

Certes, c’est l’objet même de ce disque. Et son titre : Devos en musique(s). Un Raymond Devos qui ne soit pas entièrement ...

NosEnchanteurs

Nous contacter

    • Mentions légales
    • En scène
    • Interviews
    • Lancer de disque
    • Les événements
    • Pour les mômes
    • Saines humeurs
    • Thématique
    • Nos Conférences

    © 2026 NosEnchanteurs

    Content de te revoir !

    Connectez-vous à votre compte ci-dessous

    Mot de passe oublié ?
    S'inscrire

    Créez un nouveau compte !

    Remplissez les formulaires ci-dessous pour vous inscrire

    Tous les champs sont obligatoires.
    Se connecter

    Récupérez votre mot de passe

    Veuillez saisir votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail pour réinitialiser votre mot de passe.

    Se connecter

    Ajouter une nouvelle playlist

    Aucun résultat
    Afficher tous les résultats
    • Accueil
    • En scène
    • Articles
    • Bibliographie
    • Récompenses
    • Portfolio
    • Archives

    © 2026 NosEnchanteurs