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Tom Poisson en Trio, autour de Jean-Michel

deCatherine Laugier
26 avril 2024
dans Catherine Laugier, En scène, L'Équipe, Lancer de disque
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Tom Poisson Trio Petit Duc 2024 Photos ©Catherine Laugier
Tom Poisson Trio Petit Duc 2024 Photos ©Catherine Laugier

23 mars 2024, Aix-en-Provence, le Petit-Duc,

 

Au Petit-Duc, on avait assisté en 2023 aux prémices de ce spectacle annonce d’un nouvel album, en équilibre entre instruments acoustiques, rythmes organiques et discrets arrangements électroniques, mélodique et dynamique, par la sensibilité attentive de Denis Piednoir, à la réalisation, aussi à l’aise à la guitare qu’au clavier, avec la fraîcheur inspirée d’Alice Chiaverini aux percussions et clavier.

On ne change pas un trio gagnant qui avait tout de suite trouvé son harmonie efficace.  Contact  immédiat avec le public, qui participe aux chœurs, dès le deuxième titre, Je cours, du précédent album de Tom, Se passer des Visages. Et lorsqu’ils chantent « Je vole à me briser les ailes », on les entend vraiment se dissoudre dans les airs, ces ailes.
Le concert a encore été peaufiné dans les moindres détails, des micros rajoutés au micro vintage central qui crée cette ambiance folk-électro chaleureuse. Des guitares qui se changent discrètement, de la boîte à cigare à l’électrique en passant par cette Kay caisse creuse au son boisé des années 60. Rythmé par de riches percussions, des pads aux tambourins et aux grelots en passant par la planche à laver… 

POISSON Tom Trio_20240323_31520 exp 400x462 ©Catherine LaugierUn concert de Tom Poisson est à la fois voyage dans les airs, sur les routes et les flots, on s’y envole avec les oiseaux ou galope avec les chevaux, entre vraies balades mais plus encore dans les émotions qu’elles irriguent :  « Tout se met à tanguer / J’suis pas un oiseau rare / Il faut tout recommencer ». On entre  dans l’intimité de Jean-Michel, son vrai prénom, pour ce voyage en train dont il prétend ne pas se souvenir, tout en se remémorant  chaque sensation, chaque impression, chaque couleur, chaque détail, au son mélodieux du piano. Une des plus émouvantes de son répertoire, où il évoque sa mère Françoise récemment disparue. Le nouvel album devait s’appeler Les nouveaux dinosaures, du nom de cette chanson très inquiète, annonçant à sa fille la fin d’un monde « un peu trop tard pour voir venir ». Finalement, il répond au prénom de son propriétaire, dans toutes ses dimensions, homme, fils qui vient de perdre son phare, père, humain et artiste inquiet, nageant en eaux troubles, poisson décidé à remonter le courant. Et c’est ce qui nous rend tellement concernés par ce spectacle. 

POISSON Tom trio_20240323_8333_exp490x368 ©Catherine LaugierÉmaillé d’anecdotes et de sourires (l’on n’échappera pas à la minute de charme italien avec le Sarà perché ti amo qui fait danser et oublier les aléas de la vie), le concert cache sa mélancolie dans l’entrain de ses musiques, de ses chœurs, dans la tendresse et l’amour de la vie qui émane de ce trio. Même lorsqu’il dénonce une triste actualité, dans ce constat implacable sur nos temps modernes qu’est Y’ a du bruit, c’est toujours avec une énergie (du désespoir ?) et malgré tout, des questions toujours ouvertes : « Je ne m’entends même plus réfléchir (…) Est-ce qu’on peut ralentir (…) Est-ce qu’on peut éviter le pire (…) Est-ce qu’on peut revenir ». Un désir de redonner du temps au temps, d’abandonner les mauvaises émotions, de surmonter [S]a peur, de bâtir (La glaise entre les mains). 

JEAN-MICHEL ©Franck Loriou Quatorze titres pour rentrer dans l'esprit sensible et inquiet (Tanguer) d'un homme concerné par les siens, le temps qui passe, assassin, (Locomotive), la folie du monde (Y'a du bruit) et l'avenir incertain des humains (Les nouveaux dinosaures), qui cherche son salut dans l'amour des enfants (la comptine-berceuse Mon homme), dans l'amour tout court (la mélodieuse et tendre Tu viendrais, la juvénile Tu dis, qui surmonte les doutes, la sensuelle L'ivresse du galop, inspirée par un livre Syrien, ouvrant sur l'angoisse de la guerre – Rester dans tes bras ou partir à la guerre). Dans la nature « J'ai sous les doigts / Montagnes et rivières / Tous les combats », ses chœurs, son parlé-chanté,  ses bulles électro rêveuses. Qui parfume son ordinaire à son Trop grand imaginaire, pleine d'humour, de légèreté, de joies enfantines, chantée avec Marine André et Alice Chiavérini, voix féminines sur plusieurs titres. Qui tombe et se relève, s'envole (Je cours, avec le Well Quartet), choisit de vivre La glaise entre les mains « Y'a rien qui vaille mieux que de choisir sa vie », quitte à la risquer pour l'inutile beauté « J'aspire au tracé périlleux / D'une goutte d'eau sur mes carreaux ». Un album réalisé par Denis Piednoir et Tom Poisson, avec des musiciens collaborant aux programmations et arrangements, la participation de Fabio Milone aux violons. Au final, une philosophie sensible, poétique, et une musique riche  flirtant avec la folk, la pop, l'électro, le classique, des sonorités orientales dans une belle cohérence, un album qui fait du bien, redonne envie de se battre. Certains pensent que la chanson est pauvre, ce sont des ignorants.
JEAN-MICHEL
©Franck Loriou
Quatorze titres pour rentrer dans l’esprit sensible et inquiet (Tanguer) d’un homme concerné par les siens, le temps qui passe, assassin, (Locomotive), la folie du monde (Y’a du bruit) et l’avenir incertain des humains (Les nouveaux dinosaures), qui cherche son salut dans l’amour des enfants (la comptine-berceuse Mon homme), dans l’amour tout court (la mélodieuse et tendre Tu viendrais, la juvénile Tu dis, qui surmonte les doutes, la sensuelle L’ivresse du galop, inspirée par un livre syrien, ouvrant sur l’angoisse de la guerre – Rester dans tes bras ou partir à la guerre). Dans la nature « J’ai sous les doigts / Montagnes et rivières / Tous les combats », ses chœurs, son parlé-chanté, ses bulles électro rêveuses. Qui parfume son ordinaire à son Trop grand imaginaire, pleine d’humour, de légèreté, de joies enfantines, chantée avec Marine André et Alice Chiavérini, voix féminines sur plusieurs titres. Qui tombe et se relève, s’envole (Je cours, avec le Well Quartet), choisit de vivre La glaise entre les mains « Y’a rien qui vaille mieux que de choisir sa vie », quitte à la risquer pour l’inutile beauté « J’aspire au tracé périlleux / D’une goutte d’eau sur mes carreaux ». Un album réalisé par Denis Piednoir et Tom Poisson, avec des musiciens collaborant aux programmations et arrangements, la participation de Fabio Milone aux violons. Au final, une philosophie sensible, poétique, et une musique riche flirtant avec la folk, la pop, l’électro, le classique, des sonorités orientales dans une belle cohérence, un album qui fait du bien, redonne envie de se battre. Certains pensent que la chanson est pauvre, ce sont des ignorants.

Un juste mélange entre quelques chansons du récent album Se passer des visages, que nous avions heureusement découvertes avant sa sortie pendant la pandémie, avec notamment  la si poignante Trois bleus de plus, de bien plus anciennes à redécouvrir ( Elisabeth Martin, une chanson vieille de 20 ans, ou cette très ancienne, réclamée par plusieurs de ses fidèles, qui déjà parlait de la vacuité des carrières actuelles, alors que, comme le disait Voltaire, il faut  cultiver notre jardin : « Et depuis je vis à la campagne / Je suis jardinier ») ou devenues des incontournables (l’empathique Mon ami sans voix).

Et une moitié du nouvel album, chansons déjà testées au précédent concert (Rester dans tes bras ou partir à la guerre, revisitée en chœurs si doux, rythmes organiques, finissant a cappella), ou à mes oreilles de  toutes nouvelles.
Comme ce Trop grand imaginaire, si originalement écrite, donnant bon goût à la vie : « Menthol / bi-goût / fraise tagada » cet Éphémère du Mandala, vrai hymne à la beauté et à l’amour  : « J’aspire à l’inutile beauté  (…) pour affronter l’in-amitié du monde rentable / Je veux aimer », même dans l’impuissance  « Silencieux face à l’ineffable (…) J’ai inventé une langue à moi / Où l’on ne parle presque pas ».
Et puis une inédite, un « tout petit bébé », qui parle de rose aux genoux… 

 

 

La page Facebook de Tom Poisson, c’est ici ; ce que NosEnchanteurs en a déjà dit, là. Et son site, ici.

« Y a du bruit » clip 2024 

Tags : Alice ChiaveriniDenis PiednoirLe Petit DucMarine AndréNouvellesPiednoirTom Poisson
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